Mardi 25 février, Naval Group a décidé de fermer un atelier où travaillent 200 personnes sur le site de Cherbourg-en-Cotentin (Manche). La veille, 45 salariés exerçaient leur droit de retrait en dénonçant la présence d’amiante dans l’usine. Le site de production - qui compte au total environ 3 000 salariés - sert notamment à fabriquer les sous-marins nucléaires d’attaque de nouvelle génération tels que le Suffren et destinés à la Marine nationale.
Les 200 salariés concernés ont été affectés à d’autres services du même site selon la presse locale. Cette décision intervient quelques jours après une condamnation de PSA. Le constructeur automobile doit verser 111 800 euros à un ancien ouvrier exposé à l’amiante sur le site de Peugeot Sochaux de Montbéliard (Doubs).
Plusieurs tests révèlent la présence d’amiante
Les inquiétudes liées à l’amiante ont été renforcées en octobre 2019 sur le site de Naval Group de Cherbourg. En réalisant un prélèvement atmosphérique, l’entreprise avait alors détecté un taux de fibres d’amiante dans l’air supérieur aux normes. Cette découverte a entraîné la fermeture d’un hangar pendant trois semaines, selon le site Paris Normandie.
Dans plusieurs communiqués, CGT Arsenal Cherbourg dénonce toujours “le stockage de matériel dans des hangars à toitures fibrociments qui contiennent de l’amiante”. Le syndicat a réalisé ses propres prélèvements avec des lingettes. “Suite aux résultats d’analyses faites par la CGT via un laboratoire spécialisé, la suspicion devient une certitude : c’est de l’amiante”, assurent les représentants des salariés.
“Les élus CGT alertent d’un danger grave et imminent sur la santé et font aussi une alerte environnementale et de santé publique sur les traitement des déchets”, rappelle la CGT Arsenal Cherbourg en citant le code du travail.
3 millions d’euros de travaux engagés
Selon Paris Normandie, la direction de Naval Group va réaliser d'autres prélèvements surfaciques, en complément de ses tests atmosphériques, pour vérifier les affirmations du syndicat. Elle va surtout mener des travaux dès le printemps 2020 pour “éliminer l’ensemble des toitures en fibrociment” à Cherbourg-en-Cotentin. Le chantier est estimé à 3 millions d’euros pour une durée de 12 à 18 mois.



