Depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, la liste des entreprises françaises qui décident de quitter la Russie ne cesse de s'allonger. Le groupe Michelin vient d'y ajouter son nom, en annonçant mardi 15 mars l'arrêt de la production de son site de Davydovo, près de Moscou, et de ses exportations vers la Russie. Présent dans le pays depuis 1907, le manufacturier y emploie aujourd'hui 1 000 salariés, dont 750 dans son unique usine, ouverte en 2004.
Celle-ci permet à Michelin de fabriquer chaque année entre 1,5 et 2 millions de pneumatiques, essentiellement pour le marché automobile local, soit environ 1% de sa production mondiale. Les ventes du groupe sur le marché russe représentent environ 2% de son chiffre d'affaires, qui a atteint 23,8 milliards d'euros en 2021. « Dans ce contexte très difficile et incertain, la priorité de Michelin est d’accompagner tous ses salariés affectés par cette crise et notamment ses salariés de Michelin Russie », a indiqué le manufacturier clermontois dans un communiqué, avant de préciser qu'il continuerait à payer leurs salaires.
Une tendance générale... chez les acteurs les moins exposés
Début mars, le groupe avait déjà reconnu être gravement affecté par la guerre en Ukraine et fait état d'une activité réduite en Russie. L'entreprise a également dû interrompre la production dans plusieurs usines européennes, parmi lesquelles plusieurs françaises, pour cause de pénurie de noir de carbone, une substance qui renforce le pneu et lui confère sa couleur. Par ailleurs, le célèbre guide gastronomique Michelin a lui aussi suspendu « toute activité de recommandation de restaurants en Russie ».
D'autres spécialistes du secteur automobile ont également limité leurs activités, à l'image de Toyota, Volkswagen ou encore Stellantis. Le groupe français a expliqué qu'il n'exporterait plus de voitures vers la Russie, où il n'a vendu que 100 000 véhicules en 2021, mais qu'il continuerait à fabriquer des utilitaires dans son usine de Kalouga, située au sud de Moscou. Son concurrent Renault se retrouve dans une position bien plus délicate, car 18% de ses volumes mondiaux sont écoulés dans le pays. L'alliance Renault-Lada, AvtoVAZ, ne renonce pas mais multiplie les arrêts de production depuis le début de l'invasion en raison de tensions d'approvisionnements. Le constructeur au Losange est le plus exposé en Russie parmi les constructeurs mondiaux et assemble 21% des véhicules vendus dans le pays.



