«Il en existe moins de cinq dans le monde. Celle-ci sera seulement la troisième en Europe», se réjouit par avance Pierre Robert, directeur du Centre des matériaux durables, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Là même où prendra place d’ici fin 2025 le projet Biotech Open Platform, co-financé à part égale par Michelin, Danone, DMC Biotechnologies et le Crédit Agricole. L’investissement de plus de 16 millions d’euros, dans sa première phase, sera implanté à Cataroux, sur un ancien bâtiment Michelin reconverti en "accélérateur d’innovations", où est déjà implantée la société Carbios. Biotech Open Platform bénéficiera également du soutien de plusieurs acteurs publics et privés comme l’Université Clermont Auvergne, la société Greentech, la Région Auvergne Rhône-Alpes au titre du Feder et Clermont Auvergne Métropole.
Processus de fermentation avancé
Dans un premier temps, le programme prévoit l’installation d’une ligne de fabrication de biotechnologies de pointe incluant une chaîne de purification et deux fermenteurs de 10 mètres cubes. Ces installations permettront de développer à grande échelle des processus de fermentation avancés destinés à produire les matériaux et ingrédients biosourcés du futur, véritable alternative aux ressources fossiles. «Nous allons faire de la fermentation de précision pour faire émerger des molécules utilisées dans toute la chimie du vivant, prédit Pierre Robert. Les différents partenaires et futurs clients vont pouvoir réaliser ici l’extrapolation de leur procédé grâce à ce nouvel outil, en passant du laboratoire au stade préindustriel.»
Les biotechnologies de pointe qui utilisent des micro-organismes (bactéries, levures ou champignons) pour produire des protéines, des enzymes et d’autres molécules utilisables dans l’industrie connaissent un véritable boom dans le monde. «Le marché va monter en puissance. C’est le sens de l’histoire. Michelin s’en sert déjà pour mettre au point des molécules biosourcées plus respectueuses de l’environnement que l’on retrouve dans ses pneus. Danone fait la même chose de son côté dans le domaine de la santé alimentaire. Quant à notre partenaire américain DMC, c’est un grand nom dans le domaine des biotechnologies. Il a mis au point des procédés disruptifs et va nous amener une grande visibilité», poursuit Pierre Robert.
Biotech Open Platform sera dédié à ses fondateurs, mais aussi à tous les industriels souhaitant louer les installations sans équivalent dans l’Hexagone. «Nous avons plusieurs objectifs, conclut le Centre des matériaux durables. Faire grossir cette structure avec, pourquoi pas, l’implantation d’un troisième fermenteur. Et surtout, faire de cette plateforme un aimant capable d’attirer à Clermont-Ferrand des entreprises et des partenaires de tout horizon, susceptibles de dynamiser notre écosystème». La capitale auvergnate pourrait alors devenir l’un des pôles leaders des biotechnologies de pointe en Europe.



