Michelin a donné tort aux analystes lundi 12 février. Tandis que ces derniers tablaient en moyenne sur un résultat opérationnel des secteurs à 3,42 milliards d'euros, selon un consensus compilé par le groupe clermontois, ce dernier a enregistré un bénéfice annuel record de 3,57 milliards d'euros en 2023. Une donnée en hausse de 5% sur un an, conséquence des hausses de prix appliquées sur ses pneus et de son positionnement sur le segment premium.
Le groupe a toutefois communiqué un résultat net en léger recul (1,98 milliard d’euros contre environ 2 milliards en 2022) en raison, entre autres, du coût des restructurations de ses activités en Allemagne et aux Etats-Unis. Son chiffre d’affaires pour l’année 2023, en baisse de 0,9% sur un an, s’établit à 28,3 milliards d'euros. Pour l’équipementier, cette évolution s’explique notamment par «le contexte économique incertain et la forte hausse des taux d'intérêt [qui] ont en effet incité les distributeurs et les clients professionnels à fortement déstocker et à réduire leur niveau de stock».
Un marché «à peu près stable» en 2024
«Nous sommes dans un contexte de marché qui reste compliqué, une situation européenne qui n'est pas ultra brillante, une Chine qui redémarre mais pas avec une croissance aussi forte qu'elle l'était il y a quelques années, et plein d'autres inconnues», a déclaré le directeur financier Yves Chapot lors d'un entretien accordé à Reuters.
Qu'il s'agisse du marché mondial des voitures, de celui des camions ou des engins de spécialité, deux roues et avions, la projection de Michelin oscille entre -2% et +2% en 2024, selon une présentation mise en ligne par le groupe. «Nous n'avons pas de raison d'imaginer que le marché va rebondir fortement, il sera à peu près stable, espérons que nous nous trompions, mais à ce stade, voilà ce que nous anticipons», a précisé Florent Menegaux, directeur général de Michelin, au cours d'une téléconférence avec les analystes.
La crise en mer Rouge aura un impact «raisonnablement marginal» sur les résultats de 2024
Les problèmes logistiques liés aux attaques en mer Rouge, qui ont contraint le groupe à interrompre préventivement en janvier 2024 la production de plusieurs usines en Europe, ont pesé en tout sur 4% des flux de produits finis et de matières premières de Michelin, principalement le caoutchouc naturel, a poursuivi Yves Chapot, pour qui cette crise aura un impact «raisonnablement marginal» sur les résultats de 2024.
Michelin s'attend désormais à un résultat opérationnel des secteurs supérieur à 3,5 milliards d'euros pour l'année en cours, tandis que les analystes tablaient en moyenne sur 3,59 milliards d'euros. Le groupe organisera fin mai une journée investisseurs pour présenter de nouveaux objectifs à moyen terme pour l'horizon 2026.
Avec Reuters (Rédigé par Olivier Cherfan et Augustin Turpin à Gdansk, avec Gilles Guillaume à Paris, édité par Kate Entringer et Tangi Salaün)


