Michelin affiche de bons résultats en 2019, après la fermeture de son site de La-Roche-sur-Yon

Dans un marché automobile en baisse, Michelin affiche un chiffre d’affaires en progression pour 2019, grâce à ses acquisitions et sa stratégie de montée en gamme.

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Usine Michelin Roanne
Malgré une baisse du marché, Michelin est parvenu à faire croître son chiffre d'affaires à 24 milliards d'euros en 2019.

Michelin résiste aux vents contraires. Le fabricant de pneumatiques clermontois a annoncé lundi 10 février une progression de 9,6 % de son chiffre d’affaires au cours de l'année 2019, à 24,1 milliards d’euros, et ce, dans un contexte de ralentissement des ventes. Les volumes du groupe ont reculé de 1,2 % en 2019, plombés par des reculs sur l’ensemble des activités – contraction globale de 2% pour les pneus de tourisme, de 3% dans le domaine des poids lourds et stabilité dans les activités de spécialité. Mais le travail sur les prix réalisé par Michelin depuis plusieurs années, qui se traduit concrètement par une montée en gamme, a permis de compenser la chute des volumes en 2019.

Dans l’activité dédiée aux véhicules de tourisme, le fabricant de Clermont-Ferrand se positionne notamment sur les pneumatiques de 18 pouces et plus, qui offrent des marges plus importantes. En 2019, la part de ces produits dans les ventes (en tonnes) a atteint 43 % du total, contre 25 % en 2015. "Les clients qui achètent des pneumatiques plus gros passent beaucoup de temps à s’assurer qu’ils choisissent la bonne marque et reconnaissent la valeur de Michelin sur ce segment", s’est félicité le nouveau président du groupe, Florent Menegaux, qui présentait ses premiers résultats annuels depuis le départ de son prédécesseur Jean-Dominique Senard, passé chez Renault.

Michelin a également profité des effets positifs de l’intégration de plusieurs sociétés. Les spécialistes des polymères Fenner et du hors-route Camso, acquis en 2018, ont notamment contribué au chiffre d’affaires du groupe français à hauteur de 1,5 milliard d’euros. Les deux autres acquisitions de Michelin en 2019, le fabricant indonésien de pneus Multistrada et le spécialiste de la télématique embarquée Masternaut, ont également contribué aux bonnes performances enregistrées l’année dernière. "L’intégration de nos plus importantes acquisitions avance très bien, s’est félicité Florent Menegaux lors de son discours d’introduction. Nous tirons les synergies prévues".

Réduction de l’empreinte industrielle en Europe de l’Ouest

Au-delà des exigences sur les prix et les apports de la croissance externe, Michelin a poursuivi son travail pour gagner en compétitivité. Le plan engagé dès 2017 a permis d’atteindre des gains de 891 millions d’euros depuis trois ans. Un niveau que le groupe souhaite porter à 1,2 milliard d’euros, grâce à l’amélioration des process et le travail sur l’empreinte industrielle du groupe. D’où la fermeture en 2019 de deux sites en Europe de l’Ouest, celui de La Roche-sur-Yon en Vendée (619 salariés) et de Bamberg en Allemagne (858 salariés). D’ici à 2023, la région devrait représenter 23% des capacités de production totale de Michelin, contre 30% pour l’Amérique du Nord et 27% pour l’Asie.

"Nous ne cherchons pas à fermer des usines", a insisté Florent Menegaux lors de l’annonce des résultats. "Ces décisions sont difficiles à prendre […] mais nous arrivons parfois à la conclusion qu’un site n’est pas en position de s’adapter au marché" a ajouté le dirigeant, en réaction à la fermeture de plusieurs usines européennes, dont la dernière spécialisée dans les pneus pour poids lourds en France. Pour la restructuration des deux usines de Bamberg et de La Roche-sur-Yon, le groupe a provisionné 249 millions d’euros. Dans le même temps, Michelin affiche un résultat net à 1,73 milliard d’euros, en progression de 4% par rapport à 2018.

Les performances du groupe clermontois devraient toutefois être chahutées dans les mois à venir. Dans un marché "plutôt orienté à la baisse", le numéro deux de Michelin, Yves Chapot, prévoit pour 2020 un "léger retrait du résultat opérationnel des secteurs à taux de change constants". Une prévision qui n’intègre pas les potentiels effets du coronavirus qui sévit actuellement en Chine et dans plusieurs pays du monde. "Il est très difficile de voir quel sera l’effet potentiel et systémique du coronavirus en Chine" a simplement déclaré Yves Chapot lundi 10 février. Le fabricant compte trois usines de production en Chine, à Shenyang et Shanghai.

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