Materrup a inauguré le 9 septembre son usine pilote de 1 500 m² à Saint-Geours-de-Maremne (Landes). Elle complète un ensemble également composé de son siège et de son centre de R&D, la construction de l’ensemble ayant nécessité un investissement de 8 millions d’euros. L’usine est dédiée à la production de ciment et béton bas carbone, fabriqués à base d’argile crue. Une technologie qui pourrait contribuer à changer la donne dans un secteur, le BTP, comptant parmi les principaux consommateurs en énergie fossile. « Elle réduit de moitié l’empreinte carbone par rapport à un ciment conventionnel, tout en conservant ses propriétés mécaniques », assure Julie Neuville, l’une des quatre associés à la tête de Materrup.
Ce qu’a confirmé le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), qui a délivré à l’entreprise la certification ad hoc en juin 2022, étape essentielle au développement de cette dernière. Depuis, Materrup, née il y a trois ans et demi, a noué des partenariats avec d’autres acteurs industriels de la région. «C’est vraiment ainsi que nous concevons notre fonctionnement, nous souhaitons nous inscrire dans une chaîne de valeurs et permettre une différenciation à des préfabricants, des bétonniers, des constructeurs locaux.»
Bientôt impliqué dans le Grand Paris
Des spécialistes de la construction comptent déjà au nombre des partenaires de Materrup, dont le basque Duhalde BTP ou encore Demathieu Bard, qui s’apprête à engager un chantier annoncé comme "exemplaire" du point de vue de sa sobriété à Bordeaux (Gironde). «Nous avons aussi signé avec Edilians, leader français de la tuile crue, qui possède une carrière tout près de notre usine. Une partie de l'argile n’était pas valorisée jusque-là, nous la récupérons pour en faire un matériau à haute valeur ajoutée. Ce dernier partenariat illustre ce que nous souhaitons mettre en place: cette argile crue est intrinsèquement bas carbone, elle est transportée dans une usine très proche, et traitée via un process industriel qui s’appuie exclusivement sur l’électricité, puisqu’il n’y a ni gaz ni pétrole dans nos cimenteries. Une électricité produite à 25 %, pour le moment, par nos panneaux solaires », détaille Julie Neuville.
C’est ce modèle qu’entend désormais dupliquer Materrup, alors que deux implantations sont déjà prévues : l’une dans la métropole bordelaise en 2023, l’autre en région parisienne dans les mois à venir, car l’entreprise landaise a remporté un appel à projets pour travailler sur une partie de la terre argileuse excavée dans le cadre des transformations du Grand Paris.
Les bétons produits par Materrup permettent aujourd’hui de répondre à 80 % des besoins, « à l’exception de structures telles que des ouvrages d’art ou des viaducs », précise Julie Neuville. Materrup emploie pour le moment 16 salariés dans son siège de Saint-Geours de Maremne, mais est en passe d’en embaucher d’autres pour atteindre la vingtaine d’ici quelques semaines.



