Arrivée en 2019 chez le fabricant de véhicules blindés KNDS France (ex-Nexter), Manon Guillet fait partie de l’équipe d’ingénieurs située à Versailles-Satory (Yvelines) qui assure la survivabilité des soldats et de leurs véhicules. «Cela englobe plusieurs fonctions, comme le blindage, la capacité à ne pas être détecté et ne pas être pris pour cible, la mobilité…», explique l’ingénieure de 29 ans. Elle est vite entrée en action en qualifiant une vingtaine de véhicules du programme Scorpion, qui vise à moderniser l’armée de Terre.
Les attentats de 2015 qui ont frappé la France ont marqué un tournant dans sa vie et orienté sa carrière. S’interrogeant sur la manière d’être utile à son pays en s’appuyant sur ses connaissances en ingénierie mécanique, elle choisit de rejoindre l’industrie de la défense. Outre la volonté de servir, la jeune femme se distingue par une forte capacité d’initiative et une grande force de conviction. «C’est une chance de pouvoir apporter sa pierre à l’édifice. Quand un besoin se manifeste, on peut présenter ses idées tant qu’elles sont pertinentes et argumentées», soutient-elle.
Elle a ainsi été à l’origine de l’adoption d’une nouvelle méthode sur les essais de survivabilité des véhicules. La jeune femme a convaincu sa hiérarchie, mais également le client final, la Direction générale de l’armement, d’exploiter plus largement les outils numériques, notamment en matière de simulation, en complément des essais de terrain. Elle a déniché un logiciel utilisé dans le secteur aéronautique et décroché un financement en interne pour adapter l’outil aux besoins de KNDS. Depuis bientôt deux ans, il est déployé et a fait de Manon Guillet la première femme à obtenir le grade de spécialiste dans son domaine d’expertise, seulement trois ans après son arrivée.
Grand appétit de connaissances
Cette Grassoise d’origine apprécie la transversalité de ses fonctions. «Je suis présente sur l’ensemble du cycle de développement des programmes, des études en amont jusqu’à la production et au maintien en conditions opérationnelles, se réjouit-elle. Il est gratifiant de voir notre produit utilisé par les armées.» Son appétit de connaissances et sa force de travail l’ont motivée à s’inscrire en section bilingue français et italien au lycée et à décrocher une double spécialité (conception et développement de produits et modélisation de systèmes thermomécaniques) à l’université de technologie de Belfort-Montbéliard.
«Je suis curieuse et j’aime la logique qu’il y a derrière la physique», souligne-t-elle. Malgré son jeune âge, elle aime déjà transmettre. Elle suit des élèves d’école d’ingénieurs dans leurs projets et se rend dans des classes de collège pour expliquer son métier. En dehors du bureau, la jeune femme et jeune mariée privilégie les activités manuelles : bricolage, jardinage, aquarelle… «Cela me vide la tête.» Sportive, elle pratique la danse depuis l’âge de 6 ans, en version classique, contemporaine, néoclassique, modern jazz, zumba… Une passion qui l’a amenée à s’engager en devenant vice-présidente d’une association de danse de plus de 400 licenciés à Vauhallan (Essonne).
L’œuvre qui la caractérise
La trilogie littéraire “Le Pacte des Marchombres”, de Pierre Bottero
«L’héroïne orpheline, Ellana, s’impose à mes yeux comme une guide spirituelle. Elle promeut des valeurs qui résonnent en moi : l’harmonie, l’équilibre, l’amitié, la force intérieure.»



