Malgré la guerre en Ukraine, pourquoi les ventes d’armes françaises à l’export ont marqué le pas en 2023

Les prises de commandes d’armement à l’export ont atteint 8,2 milliards d’euros en 2023 contre 27 milliards l’année précédente. Très fluctuantes d’une année sur l’autre, elles ont reposé l'an dernier sur des ventes de Rafale, mais aussi sur des drones Patroller, des canons Caesar ou encore des corvettes. Un net rebond est prévu pour 2024. 

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© Dassault Aviation - A. Pecchi     /     © Dassault Aviation - A. Pecchi
En 2023, la vente de Rafale à l'Indonésie a été le plus gros contrat signé par l'industrie de défense tricolore.

Malgré les livraisons d’armes à l’Ukraine et le réarmement mondial en cours, les ventes françaises d’armes à l’exportation ont été relativement faibles en 2023. Selon le rapport à destination du Parlement diffusé le 5 septembre par le ministère des Armées, concernant les exportations d’armement l’an dernier, les industriels français de la défense ont signé pour 8,2 milliards d’euros de contrats.

Parmi les contrats les plus significatifs : la vente de 18 Rafale à l’Indonésie pour un montant de 2,6 milliards d’euros, et plusieurs contrats à plus de 200 millions d’euros (vente de canons Caesar pour la Lituanie, des corvettes pour l’Angola, et plusieurs contrats au profit de la Grèce dont des drones Patroller de Safran…)

Cela marque toutefois une forte baisse par rapport à l’année précédente quand les contrats d’exportation avaient atteint un montant record de 27 milliards d’euros. Il faut dire qu’il s’agissait d’un niveau exceptionnel, conséquence d’un contrat de vente de 80 Rafale aux Emirats Arabes Unis.

Du côté du ministère des Armées, il ne s’agit pas d’une contreperformance alors que les dépenses de défense au niveau mondial ont augmenté de 9% pour atteindre un montant record de 2200 milliards de dollars en 2023. «Si l’année 2023 peut paraître relativement modeste en termes de prise de commandes, cela ne correspond pas à une tendance de fond : l’évolution de nos exportations doit être appréciée sur des échelles de temps plus longues».

Un effet "Europe de la Défense"

D’ailleurs, selon le ministère, la tendance pour l’année en cours est très positive avec déjà l’entrée en vigueur d’un contrat Rafale en Indonésie et le choix des Pays-Bas de Naval Group pour ses sous-marins. Les industriels français ont profité de commandes des pays européens. «Au titre des livraisons, c’est plus de la moitié des flux qui ont été destinés à des pays européens», précise le ministre des Armées Sébastien Lecornu.

Le conflit en Ukraine explique cette proportion équilibrée. «L’Ukraine est assurément une destination importante des armes françaises», souligne le rapport.  Entre le 24 février 2022 et le 1?? mai 2024, la France a livré pour une valeur totale de 3 milliards d’euros d’équipements militaires à l’Ukraine, auxquels viennent s’ajouter 2,1 milliards d'euros versés à la Facilité européenne pour la paix (FEP), soit un soutien de plus de 5,135 milliards d'euros, souligne encore le document.

Par ailleurs, le conflit avec Moscou a conduit de nombreux pays européens à procéder à un rattrapage lié à un sous-investissement en matière d’armement et au besoin de remplacer les matériels cédés aux forces ukrainiennes.

Selon les sources du rapport, la France fait partie des cinq pays avec les États-Unis, la Russie, la Chine et l’ Allemagne, à se partager environ 75% du marché mondial de l’armement.

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