Avec un chiffre d’affaires en baisse de seulement 2,2% à 672,5 millions d’euros et un Ebitda en croissance de 1% à 137 millions d’euros (20,4 % du chiffre d’affaires) l'an dernier, Maxime Séché, le directeur général du groupe de recyclage et de services à l'environnement Séché peut être satisfait. "Malgré la crise sanitaire liée au Covid-19, nous avons prouvé la résilience de nos activités. C’est en partie lié à l’agilité de notre organisation. Nous nous nous sommes tout de suite mis en ordre de bataille. Nous avons favorisé le télétravail quand c’était possible. Nous avons aussi la chance d’avoir été considérés comme une activité essentielle, même si le confinement a engendré une baisse conjoncturelle sur certains marchés." Les activités du groupe Séché sont basées sur les métiers de l’économie circulaire, de la transition écologique, mais aussi une forte spécialisation dans la gestion des déchets dangereux, médicaux et hospitaliers, dans la chimie et la pharmacie.
Poursuivre la feuille de route 2022
En France, l'activité consolidée 2020 est restée stable par rapport à 2019 (+0,1% à 517,4 M€), notamment grâce à un fort rebond des activités au second semestre. A l’international, les activités ont baissé de 9,4 % à 155,1 millions d’euros. Si l’Europe et l’Afrique du Sud se sont bien tenues, l’Amérique latine a beaucoup souffert. Les effectifs sont en très légère progression, à 2020 collaborateurs contre 1995 un an plus tôt.
"En 2021, nous allons poursuivre notre stratégie basée sur notre feuille de route 2022, prévoit Maxime Séché. Notre objectif est toujours d’atteindre 750 à 800 millions d’euros de chiffre d’affaires dans deux ans. Et cette année, nous devrions dépasser 700 millions d’euros avec un Ebitda qui devrait représenter au moins 21 % du chiffre d’affaires."

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Le groupe Séché a prévu 90 millions d’euros (hors acquisitions) d’investissements industriels (maintenance et développement) en 2021, contre 63 millions en 2020 et 73 millions en 2019. Il compte sur un développement organique et externe. Il annoncé le 18 janvier qu’il allait acquérir la société sud-africaine Spill Tech, spécialisée dans la gestion des déchets dangereux - services à forte valeur ajoutée de nettoyage industriel, de décontamination de sites, de dépollution maritime et de traitement de sols pollués. Elle devrait réaliser un chiffre d’affaires de 29 millions d’euros en 2021.
Surveiller les opportunités chez Suez
Dans un avenir proche, Séché regarde également du côté de Suez. "Sur le dossier Veolia - Suez, nous n’avons pas de jugement à porter, prévient Maxime Séché. Mais comme tout le monde, on regarde de très près car le paysage de nos secteurs évolue. Si cette opération se réalise, il y aura des mesures antitrust, donc on regardera les opportunités d’acquisition dans le secteur de la propreté. Et si cela ne se fait pas, le plan Suez 2030 prévoyait des cessions."
Traitement et recyclage en boucle courte de produits dangereux
Le groupe basé à Changé en Mayenne tient sa force des solutions qu’il apporte dans le traitement des produits dangereux, qui représente les deux tiers de ses activités. "Nous avons une expertise reconnue dans le traitement et la valorisation des déchets dangereux – chimiques, médicaux, miniers par exemple. Nous travaillons pour les industries minières au Chili et en Afrique du sud, décrit Maxime Séché. Nous créons également des boucles d’économie circulaire sur les déchets dangereux. Nous travaillons à façon pour régénérer les solvants utilisés par l’industrie pharmaceutique, ou sur les intermédiaires de synthèse des médicaments."
"Autre exemple, nous avons mis au point après cinq ans de recherche une solution avec un de nos clients de la chimie, qui avait de plus en plus de mal à aller chercher le brome en mer Morte. Nous récupérons ses déchets bromés sur le site de Saint-Vulbas (Rhône), où ils sont traités avec un four spécifique avant de renvoyer le brome recyclé."
Ambitions internationales
Séché s’est fortement développé à l’international au cours de ces dernières années, essentiellement en Afrique du sud, en Espagne, en Italie, mais aussi en Amérique latine. En cinq ans, la part de l'international dans le chiffre d’affaires est passée de 3 à 25 %. Pour 2022, l’objectif est de 30%. "Pour développer notre service de qualité, il faut des pays avec des lois environnementales vertueuses et qui soient appliquées. C’est le cas au Pérou, où il y a eu la COP 20 en 2014. On a vu une vraie sensibilisation de la population pour développer des services. Nous avons commencé avec l’acquisition d’une petite entreprise de traitement de déchets médicaux, qu’on a remis à nos standards, puis nous avons développé des centres de traitement de déchets dangereux." Nul doute que les engagements internationaux croissants sur le respect de l'environnement viendront renforcer les opportunités sur ce segment.



