Nawa Technologies a grandi sur une promesse : concevoir des batteries au carbone à recharge ultra-rapide, pour l’outillage portatif, les objets connectés et l’automobile. Grâce à son tapis de nanotubes de carbone alignés verticalement, la start-up touche au but dans son usine-pilote de Rousset (Bouches-du-Rhône), sur le site de STMicroelectronics, son partenaire historique avec le CEA.
"Notre solution permet d’intégrer entre les nanotubes les matériaux standards ou futurs des batteries au lithium, explique Pascal Boulanger, son fondateur en 2013. Les électrodes actuelles des batteries au lithium, à base de poudres, gonflent à l’usage. Notre technologie résout ce problème et multiplie la puissance par dix, l’autonomie par trois, la durée de vie par cinq pour un temps de charge de quelques minutes."
Plus on empile ces tapis (nanostructure 3D), plus on accroît l’énergie, donc l’autonomie. En étant 100 % carbone, un support abondant et recyclable, l’électrode ultra-rapide se veut plus écologique. Grâce à une machine « à croissance simultanée » (les deux côtés du substrat d’électrode sont couverts du tapis de nanotubes), qualifiée d’unique au monde par le dirigeant, Nawa Technologies pourra produire quelque 200 000 cellules de 10 cm2 par mois, soit 20 000 systèmes pour véhicules électriques.
La deeptech a levé 13 millions d’euros en 2020 pour mener ces avancées et étoffer son équipe (35 équivalents temps plein). Bpifrance fait partie du pool d’investisseurs. Des projets sont en cours avec STMicroelectronics, Thales, Saft... "À notre niveau de maturité, nous sommes armés pour intéresser les constructeurs automobiles", assure Pascal Boulanger.



