Que trouvera-t-on en sondant les entrailles de l’Hexagone ? « A priori, il devrait y avoir pas mal de lithium », prévoit Christophe Poinssot, le directeur général délégué du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Cet établissement public sera en première ligne pour mener le grand inventaire des ressources minières du territoire français annoncé par le président de la République Emmanuel Macron, fin septembre. Un travail dont les contours et les moyens restent à définir et qui, comme toute étude géologique, devrait prendre plusieurs années sans garantie de résultat.
Des ressources profondes encore mal connues
Lithium, cuivre, tungstène... la France dispose potentiellement de nombreux métaux d’intérêts. Mais il faut trouver les gisements exploitables si l’on veut «reconquérir une partie de l’autonomie industrielle et de la souveraineté économique qui nous fait défaut», explique le patron du BRGM. La France n’a exploré son sous-sol que jusqu’à 300 mètres maximum, en ne recherchant que la moitié des métaux utilisés aujourd’hui ! Alors que des mines peuvent maintenant fonctionner jusqu’à 1 500 mètres de profondeur... Il s’agira donc de mettre à profit les avancées des techniques géophysiques et géochimiques pour identifier les zones prometteuses, où des industriels pourraient ensuite forer afin d’en vérifier le potentiel. À ce travail de longue haleine pourrait s’ajouter une ressource plus directement disponible note Christophe Poinssot : l’exploitation des résidus générés par les anciennes mines. On y trouverait par exemple 300 tonnes de germanium, soit l’équivalent d’une année de production de ce métal critique dont la Chine a récemment restreint les exportations.



