Les start-up françaises Lhyfe et Elyse Energy ont présenté le 10 octobre le projet "Green Coast" qui vise à produire de l’hydrogène vert, mais aussi du e-méthanol (méthanol issu des renouvelables) pour la navigation maritime à Montoir-de-Bretagne, en Loire-Atlantique. Ce projet comprend la construction de deux usines voisines et connectées pour un coût estimé à «plusieurs centaines de millions d’euros, avec de fortes chances de s’approcher du milliard d’euros», selon Adrien Chazelas de Lhyfe. L’investissement s’accompagnerait d’une centaine d’emplois directs et de 300 emplois induits.
Réemploi de CO2
Le projet découle, initialement, d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) du grand Port maritime de Nantes Saint-Nazaire, dont Lhyfe a été le lauréat fin 2023. Cette société nantaise (200 salariés), spécialisée dans le développement de sites de production d’hydrogène vert (quatre sites en exploitation), s’était vu confier une emprise foncière de 12 hectares sur le domaine portuaire, raccordé au Réseau de transport d’électricité, pour une puissance de 210 mégawatts d’électrolyse installée, ce qui représente la production de 30 000 tonnes d’hydrogène par an.
Par la suite, Lhyfe s’est rapproché de la société lyonnaise Elyse Energy. Cette dernière installerait donc une usine de production d’e-méthanol en tant que carburant maritime alternatif sur un terrain portuaire voisin de 8 hectares. Elyse Energy, fondée il y a quatre ans (80 salariés), utiliserait l’essentiel de la production d’hydrogène de Lhyfe dans un process de méthanolation consistant à assembler les molécules d’hydrogène à du CO2, issu des industries régionales, pour former du méthanol avec une distillation en sortie.
Financement public
«On compte 60 gros navires qui utilisent ce carburant et autour 270 autres en commande ou en construction dans les chantiers partout dans le monde», estime Benoît Decourt, co-fondateur d’Elyse qui présente le e-méthanol, non-émetteur de dioxyde de soufre et de particules fines, comme l’une des alternatives au diesel, avec le GNL. Elyse envisage une production de 150 000 tonnes de méthanol par an sur le site. L’environnement portuaire permet de stocker ce méthanol pour l’exporter ou satisfaire les transporteurs désireux de réduire leurs émissions.
A ce jour, le projet est en phase d’études pour confirmer sa faisabilité technique. L’étape de concertation, de montage des dossiers et d’autorisation interviendra en 2025. La prise de décision d'investissement est envisagée fin 2026 ou début 2027, la mise en service pouvant intervenir en 2028 et 2029. Les deux partenaires doivent surtout parvenir à financer le projet, étape fatidique. «Ce qui est certain, c’est que ces usines auront besoin de soutien public pour émerger», mentionne Adrien Chazelas.



