De la joaillerie… en cuisine. C’est le fruit de l’étonnant partenariat entre la maison de joaillerie Philippe Tournaire, et le fabricant de cuisinières haut-de-gamme la Cornue. Un piano de cuisine dont toutes les poignées, barres d’ouverture et boutons de réglage ont tous été sculptés en bas-relief dans du bronze par les artisans de la maison Tournaire.
Joailliers de père en fils
Cet ensemble de sculptures, justement baptisé «La Vie», représente des scènes antiques de vie. «Je me suis inspiré des collections des années 90 de mon père, raconte Mathieu Tournaire, actuel PDG et fils de Philippe Tournaire. Au départ, j’ai proposé trois designs, dont un dans le style Art déco, avec une tour Eiffel à l’envers.»
Depuis que Philippe Tournaire a commencé à fabriquer des bijoux dans la cave de ses grand-parents, la maison, qui fait un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros, a fait du chemin. Elle comprend aujourd’hui une cinquantaine de salariés, dont une vingtaine travaillent à la manufacture à Savigneux (Loire), dotée d’une fonderie et un atelier de joaillerie.
Numérisation du travail de sculpteur
La maison se revendique comme étant «l’une des rares maisons de joaillerie à tout faire de A à Z». Ses artisans utilisent pour cela la technique de la «fonte à cire perdue». «Nous créons les objets en cire, la cire est moulée dans le plâtre, puis on vient couler le métal dans le moule», explique Mathieu Tournaire.
L'Usine Nouvelle Aujourd’hui, l’entreprise utilise des imprimantes 3D qui fonctionnent en «déposant des strates de cire». Ce faisant, le travail de sculpteur est relégué au numérique, qui nécessite un véritable savoir-faire. «La moitié de nos artisans viennent d’écoles de bijouterie, et l’autre est formée sur le tas, indique le PDG. Nous sommes dans une zone assez reculée, il est donc difficile de faire venir des gens.»
La maison de joaillerie doit aussi faire à la hausse des prix de l’énergie et de l’or. Bien que pour ce dernier, elle arrive à être «auto-suffisante» grâce au rachat de bijoux de clients particuliers dans ses boutiques, selon Mathieu Tournaire. Quant au bronze utilisé pour les pianos de cuisson, il est recyclé. Si ce dernier est bien trop cher pour le client lambda - on parle de quelques dizaines de milliers d’euros -, celui-ci pourra peut-être se permettre un Bic Cristal, prochain objet de partenariat de la maison Tournaire.



