Un accord historique a été négocié par les membres de l’Opep+, dans la nuit du 9 au 10 avril, pour réduire la production de pétrole de 10 millions de barils par jour (Mbj) durant les mois de mai et juin. C’est trois fois plus que les coupes précédentes du cartel. L’accord était suspendu à l’approbation du Mexique, qui a négocié le 10 avril avec Washington, pour ne soustraire que 100 000 barils par jour de sa production, le reste étant compensé par les États-Unis.
Le marché faisait quand même la fine bouche, évaluant le baril de Brent 5 % en dessous de sa valeur de la veille. La baisse était de près de 10 % sur le pic spéculatif des cours du Brent et du WTI provoqué huit jours plus tôt par un tweet de Donald Trump, évoquant jusqu’à 15 Mbj de coupes de production, après des échanges avec la Russie et l’Arabie saoudite. Les prix des vrais barils échangés sur le marché physique, eux, avaient continué à baisser.
Les 5 millions de barils supplémentaires à laisser sous terre pour tenir la promesse du Président américain devaient faire l’objet d’engagements des producteurs non membres de l’Opep+ lors du G20 Énergie prévu le 10 avril. Le Canada et la Norvège envisageaient des coupes, tandis que les États-Unis se bornaient à évoquer une réduction naturelle de leur production de 2 Mbj, liée à l’épuisement rapide des puits dans les schistes et à la baisse des forages, faute de rentabilité au cours actuel. Le pays s’accroche à sa réglementation antitrust, qui interdit toute entente entre producteurs – soit exactement ce que Donald Trump a demandé à l’Arabie saoudite et à la Russie.

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9 Avril 2026
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Chute de la demande
Si le marché réagit aussi peu à cet accord historique, c’est aussi parce que l’équilibre est introuvable. Que les coupes s’élèvent à 10 ou 15 Mbj, cet abattement de 10 à 15 % de la production ne compensera pas la destruction de 20 à 35 % de la demande provoquée par la mise à l’arrêt de la majorité des économies par la pandémie de Covid-19, évaluée selon les analystes entre 20 et 35 millions de barils par jour sur le seul mois d’avril.
À l’échelle de l’année 2020, la consommation mondiale de pétrole pourrait baisser, selon les estimations, de 5 à 10 Mbj. D’autant plus que la production a récemment augmenté, suite au bras de fer américano-russo-saoudien après l’échec d’une première négociation au sein de l’Opep+ le 6 mars. À la Russie qui avait claqué la porte, l’Arabie saoudite avait répliqué en bradant son pétrole en stock, puis en rehaussant sa production, passée de 10,5 Mbj en mars à 12,3 Mbj début avril. Quant aux stocks mondiaux, ils s’accroissent dangereusement. La saturation des capacités de stockage devrait intervenir courant mai. "Alors le monde devra couper 30 Mbj de sa production", alerte Ryan Sitton, l’un des trois commissaires de ce qui s’approche le plus d’un organe de régulation du secteur aux États-Unis, la Texas Railroad Commission.



