Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) engrange les réalisations pour le bâtiment de demain. Spécialiste des maisons à ossature bois, Avenir Bois Construction investit plus de 1 million d’euros sur 1 200 m². "L’essor des constructions durables nous promet de la croissance", assure Maximilien Piteau, son fondateur.
Sa voisine, la menuiserie industrielle Reflets du Sud, se dote pour 1,5 million d’euros de 1 600 m² d’installations. Elle vient d’achever en Camargue pour le centre de recherche de la Tour du Valat deux murs "trombe". "Le principe du chauffage solaire passif pourrait revenir", parie le gérant, Jean-Marc Taieb. Près d’eux, Armaturis produira bientôt ses liaisons d’armatures béton brevetées, qui sécurisent déjà Iter à Cadarache…
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, un pôle Bâtiment durable méditerranéen, devenu EnvirobatBDM, s’est organisé dès 2008. Il compte 300 membres et a certifié 500 constructions publiques et privées. "Une thématique transversale s’est imposée : l’amélioration du confort d’été naturel du logement, à travers l’isolation, le brassage d’air, la gestion de l’eau, sans faire appel à la climatisation", explique Stéphanie Le Maitre, ingénieure énergie de l’Agence de la transition écologique (Ademe). L’autoconsommation a fait naître des innovations exportées, à l’image du panneau photovoltaïque hybride de Dualsun (Marseille, Bouches-du-Rhône), qui fournit électricité, chauffage et eau chaude. La société vient d’ouvrir dans l’Ain une unité de production d’une capacité de 30 000 panneaux. En pays d’Arles (Bouches-du-Rhône), ABC Chanvre relance la culture du chanvre, notamment pour l’isolation. Après une expérimentation sur 2 hectares, il passe à 35 hectares et vise 50. Balle Concept rentabilise les coproduits de la riziculture.
"Les projets et soutiens aux filières existent, mais il faut aller contre les idées reçues des professionnels et maîtres d’ouvrage", signale Nicolas Guignard, le pilote du pôle ressources d’EnvirobatBDM. À Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), Mercadier réinvente la chaux pour la décoration, en vantant le côté 100 % écologique d’un matériau minéral naturel aux effets esthétiques en rénovation comme en neuf. Le bien-être extérieur est aussi appréhendé : Mariton, à Saint-Chamas (Bouches-du-Rhône), Sepalumic, à Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), innovent dans les pergolas bioclimatiques. "Nous avons supprimé le chrome pour le laquage des profilés, l’aluminium est recyclable à l’infini… Mais notre bureau d’études finalise des innovations éco-responsables qui vont encore plus loin pour l’individuel et le tertiaire", indique Nahida Amrane, la responsable marketing de Sepalumic. Le groupe a investi dans une nouvelle unité d’extrusion sur son site de Genlis (Côte-d’Or). À Meyreuil (Bouches-du-Rhône), BioPoolTech a annoncé, dès la sortie du confinement, plus de 40 % de croissance pour ses piscines en bois massif, pilotables par smartphone, dont le système de filtration biologique BioPoolSafe réduirait de 90 % la consommation électrique et la production de CO2 et de 50 % la consommation d’eau par rapport à une piscine traditionnelle. Son président, Emmanuel Berthod, se réjouit d’une demande qui veut "éviter le béton et d’autres matériaux polluants".

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3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
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Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
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Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Réseaux électriques intelligents
Les deux opérations d’intérêt national Euroméditerranée, à Marseille, et Éco-Vallée, à Nice (Alpes-Maritimes), encouragent une "architecture méditerranéenne" dans des écoquartiers où se conjuguent l’exploitation de ressources locales (thalassothermie, géothermie…) et des réseaux électriques intelligents. Le pôle de compétitivité Capenergies appuie la R & D dans le pilotage de l’efficacité énergétique des bâtiments, notamment Wesby, la solution d’Unigrid Solutions, et Greenpriz, celle d’Inovadea, qui traque les consommations inutiles. Inventrice d’une "batterie hydraulique" qui pallie l’intermittence du solaire par un système de pompage-turbinage d’eau, la société corse, également soutenue par le pôle, installera en 2021 dans le village de Mausoleo une microstation de transfert d’énergie par pompage alliant production (250 kilowatts-crête) et stockage (125 kilowatts) d’énergie solaire. La solution, adaptée aux zones isolées, ne fait pas appel à une batterie électrochimique, "une première en France dans un projet photovoltaïque et de stockage solaire", souligne l’entreprise. Pour réduire la consommation urbaine, les provençaux Augier, Lumi’In et Ragni déploient des technologies d’éclairage intelligent. Avec l’agence d’architecture marseillaise Tangram, l’habitat durable méditerranéen pourrait même devenir bioluminescent en s’inspirant des propriétés d’espèces animales et végétales… Objectif : obtenir un matériau de construction naturellement émetteur de lumière.
GSE - Spécialiste du bâtiment tertiaire écologique
Spécialiste de l’immobilier d’entreprise (554 millions d’euros de chiffre d’affaires, 450 collaborateurs), GSE a déployé en dix ans quelque 80 000 m² de son bâtiment tertiaire écologique, Cecodia. Son nouveau prototype à ossature bois, Cecodia Piper, a émergé sur 1 860 m² à Avignon (Vaucluse). D’autres poussent à Bordeaux (Gironde) et Lyon (Rhône). Affichant une performance énergie carbone E3C1, supérieure à la future réglementation RE 2020, il est le deuxième en France labellisé Bepos Effinergie 2017. "Les Cecodia consomment deux fois moins que des bâtiments neufs actuels, assure Marc Esposito, le directeur du Lab GSE. Avec Cecodia Piper, nous voulions dépasser les critères énergétiques et environnementaux des normes et labels sans altérer le confort thermique et lumineux et le coût." GSE a privilégié des matériaux recyclables et issus de filières proches, réduit les vitrages. "Il reste de la pédagogie à faire auprès des clients et des professionnels car toute évolution modifie l’équilibre énergétique, carbone et économique, souligne le directeur. Gagner en performance passe plus par le comportement des utilisateurs que par les techniques disponibles." GSE a conçu l’application EnerGise pour contrôler en temps réel la consommation de son bâtiment.

© S. Mestre
La balle de riz de Camargue pour l’isolation
Fort de la croissance enregistrée avec la paille de riz utilisée pour des panneaux isolants, Balle Concept s’investit dans un autre coproduit de la riziculture, la balle de riz. Décortiquer et collecter la coque du grain de riz paddy, lors de sa transformation en riz complet ou blanchi, sert à l’isolation en granulés vrac et, demain, en bétons allégés. L’entreprise d’Arles (Bouches-du-Rhône) collabore avec l’association Bâtir en balles. "Nous pourrons, à terme, valoriser jusqu’à 12 000 tonnes de paille défibrée en créant une autre unité de nappage de panneaux de 8 000 tonnes en Camargue. Sur la balle de riz, nous avons investi 200 000 euros pour valoriser 4 000 tonnes par an. Depuis la fin 2018, 150 chantiers publics et privés ont été livrés", assure Bruno Lacrotte, le gérant.



