"Il n’y a pas de corrélation globale entre les crises et les matières premières", affirmait Philippe Chalmin en présentant, le 9 juin, le 34e rapport Cyclope. La crise de 1929 s’est traduite par "un effondrement des prix des matières", tandis que celle des années 1970 a provoqué "une tension à la hausse".
En 2020, entre le 1er janvier et le 30 avril, les commodités incluses dans l’indice Cyclope ont perdu 42 % de leur valeur, mais la baisse n’est que de 10 % hors pétrole et métaux précieux.
En milieu de tableau, les métaux traversent une "période de profond désarroi" décrite par Yves Jégourel, professeur à l’université de Bordeaux, qui codirige le Cyclope : "On a vu s’ajouter au choc sur la demande provoqué par le confinement un choc d’offre bien plus modéré" qui a réduit les baisses de prix.
L’or (+ 12 %), le palladium (+ 1 %) et le fer (qui vient de rebondir) ont gagné de la valeur. Le cuivre et le nickel ont déjà rattrapé une partie de leurs pertes, grâce à des perspectives favorables. L’aluminium et le platine voient leurs marchés se dégrader avec la baisse durable de la demande dans l’auto et l’aéro.
Certains marchés de niche, comme l’aluminium bas carbone et les aciers de spécialité, pourraient en revanche se "décommoditiser" en renforçant leur compétitivité grâce à des arguments non économiques.




