«Quand nous avons lancé cette alliance, tout le monde nous a dit que cela ne sert à rien, c’est trop tard », se gausse Bruno Le Maire, à l’issue de la réunion en visioconférence de l’Alliance européenne des batteries, ce 12 mars. Trois ans après le lancement de l'initiative, les Européens ont en partie rattrapé leur retard. Au total, près de 20 milliards d’euros d’investissements ont été engagés dans une filière de production, dont 6 milliards d’euros d’aides publiques au cours de deux projets important d’intérêt commun européen (piiec) batterie.
Selon l’Alliance, la production de batteries en 2025 devrait être suffisante pour couvrir les besoins de l’industrie européenne, en fournissant 7 à 8 millions de véhicules. «Nous pouvons même envisager d’exporter», pointe Maros Sefvocic, le commissaire à l’énergie.
Investir dans des capacités de raffinage
«Il reste des goulots d’étranglement qu’il faut résoudre», reconnaît toutefois Thierry Breton, le commissaire européen au marché intérieur. Le premier concerne les matières premières. Si l’Europe se dote de gigafactories pour pouvoir assembler les cellules de batterie sur chez elle, elle dépend encore largement pour son approvisionnement en composants et en matières premières, de l’Asie où se concentre la première transformation. «Sur le lithium, le graphite, le nickel, nous devons être indépendants et développer les capacités de raffinage en Europe pour ne plus dépendre de l’Asie», défend Bruno Le Maire, qui souhaite que de nouvelles raffineries pour les matériaux des batteries puissent être financées par les « piiec ».
Autre défi pour renforcer la compétitivité de la filière : la Commission espère faire adopter d’ici l’été son projet de règlement, qui doit fixer des normes sur la durée de vie des batteries. La France espère le voir appliqué dès 2022. «Il ne faut pas que les efforts ne soient ruinés par des importations de batteries moins durables et moins chères», pointe Bruno Le Maire.



