La Commission européenne débloque 3 milliards d’euros pour un nouvel Airbus des batteries

La Commission européenne va soutenir un deuxième projet de développement d'une filière de batteries en Europe. Ce composant est jugé stratégique, en plein virage de la mobilité vers l'électrique.

L’Europe continue de mettre le paquet sur les batteries. La Commission européenne a autorisé mardi 26 janvier le versement de 2,9 milliards d'euros d'aides publiques pour un deuxième projet commun à douze Etats membres, dont la France, l’Allemagne et la Suède, visant à créer un centre de recherche et d'innovation dans les batteries.

"Pour l'économie européenne, les risques, liés à ces défis massifs de l'innovation, peuvent être trop importants pour qu'un seul État membre ou une seule entreprise les assume", a déclaré Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence. "Il est donc logique que les gouvernements européens s'unissent pour aider l'industrie à développer des piles plus innovantes et plus durables".

Ce programme, appelé European Battery Innovation, implique près de 42 entreprises, parmi lesquelles les constructeurs automobiles BMW et Tesla, ainsi que Fiat – désormais au sein du groupe Stellantis – et la jeune société suédoise Northvolt, qui travaille déjà à la construction de plusieurs usines de production de cellules de batteries sur le Vieux Continent.

Deuxième projet soutenu par la Commission

En plus des 2,9 milliards d’euros de fonds publics, les pays-membres espèrent débloquer 9 milliards d'euros auprès d'investisseurs privés. Objectif : couvrir l'ensemble de la chaîne de valeur, de l'extraction des matières premières, la conception et la fabrication des piles et des blocs de batteries au recyclage et à l'élimination.

Ce projet vise à développer des batteries de nouvelle génération. Il s’inscrit dans la lignée d’un premier projet d’"Airbus des batteries", pour lequel la Commission européenne avait déjà débloqué 3,2 milliards d’euros fin 2019. Regroupant sept Etats membres, ce premier projet implique directement une vingtaine d’entreprises, dont l’ex-groupe PSA et Saft, ainsi que BASF et Solvay.

Un  marché dominé par l'Asie

Des efforts massifs liés au rôle incontournable des batteries dans la mobilité de demain. A eux seuls, ces composants représentent plus de 30% de la valeur ajoutée d’un véhicule électrique. Une manne qui reste pour l’heure aux mains d’acteurs asiatiques. Parmi eux, les grands fabricants chinois CATL et BYD, ainsi que le japonais Panasonic et les sud-coréens LG-Chem et Samsung-SDI.

En pleine explosion des ventes de véhicules électriques – poussées par la règle européenne des 95 grammes de CO2 par kilomètre – le Vieux Continent tente donc de rattraper son retard. A défaut de parvenir à concurrencer l’Asie sur les générations actuelles de batteries, la Commission européenne vise à inciter les entreprises à se positionner sur les innovations de rupture.

Les batteries solides sont notamment présentées comme des solutions d’avenir. Mais les incertitudes restent nombreuses quant à l’arrivée de ces technologies sur le marché et leur coût.

Julie Thoin-Bousquié avec Reuters

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