La filière automobile se redessine dans les Hauts-de-France notamment via l’électrification des motorisations. L’implantation de trois géants de la fabrication de batteries pour véhicules électriques est prévue d’ici 2026. Autant dire après-demain. ACC à Douvrin dans le Pas-de-Calais, Envision à Douai et Verkor à Dunkerque (Nord), vont créer 7500 emplois directs, 13 000 en tout. «Avoir des usines de batteries, c’est bien. Avoir le personnel, c’est mieux», a lancé Xavier Bertrand, président de la Région, lors de la présentation du projet Electro’Mob, le 17 avril à Lille. Et pour ça, il va falloir recruter et former.
La Région et une quarantaine de partenaires (constructeurs automobiles, filière automobile, acteurs du monde académique et universitaire) se sont donc mobilisés pour lancer ensemble un vaste projet de formation. «C’est une première en France, poursuit Xavier Bertrand. La mobilité électrique est un pari qui va nous permettre d’avoir un temps d’avance. Les gigafactories sont une première étape, nous ne nous arrêterons pas là. Notre ambition est de couvrir l’ensemble de la filière, de la production au recyclage des batteries en passant par le raffinage du graphite.» Sur les 13 000 créations de postes annoncées, il faudra 6000 opérateurs, 3400 techniciens, 2000 ingénieurs et 1850 managers.
De l'électrique dans les cursus académiques
Ce projet, lauréat de "l’Appel à manifestation d’intérêt compétences et métiers d’avenir" de l’opération France 2030, bénéficie d’une enveloppe de 25 millions d’euros, dont 14,2 millions apportés par l’État. 5 millions d’euros seront consacrés à la construction de plateaux techniques mutualisés, 7 millions aux dépenses de personnel.
Electro’Mob a pour vocation de développer des actions de formation spécifiques, notamment en formation initiale. «La réponse aux besoins en formation des entreprises implique une mobilisation de l’ensemble des lycées professionnels de la région avec une approche à la fois de filière, mais aussi de proximité en fonction des besoins des entreprises », indique Valérie Cabui, rectrice académique des Hauts-de-France. Pas question pour l’instant de créer des cursus spécifiques. « L’idée c’est plutôt de colorer certains diplômes déjà existants», explique la rectrice.
Un plateau technique à Douvrin
Les formations concerneront les jeunes de bac-3 à bac+8 mais aussi des salariés en reconversion et des demandeurs d’emploi. Dès le mois de mai, un plateau technique sera installé à Douvrin pour former demandeurs d’emploi et salariés. Un simulateur d’une usine de fabrication de batteries sera également créé. «Notre filière traverse la plus grande révolution de son histoire. Des métiers vont disparaître, d’autres vont évoluer et d’autres vont apparaître. Notre défi est d’accompagner les salariés qui vont voir leur métier disparaître tout en étant capables de bâtir les compétences dont nous aurons besoin. C’est une opportunité formidable», estime Luc Chatel, président de la Plateforme automobile.



