Les grands ports de l'axe Seine maintiennent le cap en matière d’investissements et de décarbonation

Grâce à de bons résultats financiers, malgré une baisse du trafic global, Haropa Port, le grand port fluvio-maritime de la Seine, prévoit d’investir 201 millions d’euros en 2024 tout en poursuivant activement la décarbonation des activités de ses ports. Ses réserves foncières intéressent les industriels.

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Port du Havre
Haropa Port programme le démarrage des travaux de la «chatière» pour améliorer l’accès fluvial à Port 2000 au Havre.

«Après une année 2023 intense nous enregistrons une baisse contenue du trafic global mais nos fondamentaux économiques sont plutôt très bons», a résumé Stéphane Raison, le directeur général Haropa Port en présentant, le 29 janvier à Paris, le bilan annuel du grand port fluvio-maritime de l’axe Seine qui va du Havre à Paris en passant par Rouen.

Dans un contexte mondial baissier, Haropa Port enregistre un trafic maritime de 81,3 millions de tonnes, en recul de 4,5% et un trafic fluvial en Île-de-France de 20,9 millions tonnes en chute de 5% par rapport à l’exercice précédent. Ces baisses n’ont pas affecté la performance financière du premier port français dont le chiffre d’affaires de 416 millions d’euros est en hausse de 9,8%.

Ce dernier résultat va permettre à Haropa Port de poursuivre sa politique soutenue d’investissement. Après avoir investi 126 millions d’euros en 2023, l’établissement prévoit d’investir 201 millions cette année. Cette enveloppe permettra, notamment, le lancement du chantier du Port Seine-Métropole Ouest situé sur la plaine d’Achères (Yvelines). Représentant un budget de 122 millions d’euros, étalé sur plusieurs années, les travaux ont pour objectif de créer une plateforme multimodale pour accueillir les activités du BTP.

Au Havre, «La chatière» en chantier

Haropa Port a également programmé en 2024 le démarrage des travaux de la «chatière» (un aménagement consitué notamment d'une nouvelle digue) afin d'améliorer l’accès fluvial à Port 2000, l’agrandissement du port du Havre (Seine-Maritime). Le budget d’investissement permettra encore de financer des aménagements de l’éco-Zip (Zone-Industrialo-Portuaire) de Petit-Couronne (Seine-Maritime) afin de faciliter le développement des entreprises déjà présentes.

Avec 225 millions d’euros les revenus domaniaux ont représenté 55% du chiffre d’affaires total. Stéphane Raison a rappelé l’ambition de l’établissement public de concilier réindustrialisation du domaine portuaire avec la poursuite de la trajectoire de décarbonation des activités. Ainsi s’est-il félicité du projet d’Engie de développer la plus grande plateforme française de production de carburants renouvelables bas carbone sur un terrain de 24 hectares au Havre.

Stéphane Raison a également relevé la construction dans la métropole Rouen Normandie d’une unité industrielle de production d’hydrogène bas carbone et de carburants de synthèse. Ce projet porté par Verso Energy permettra de recruter 150 salariés. Le site sera opérationnel en 2029.

Projet de captage du carbone

Haropa Port a, par ailleurs, rejoint le consortium ECO2-Normandy qui vise à décliner un projet de captage de carbone en vue de sa réutilisation ou de son stockage débouchant sur la création du premier hub de liquéfaction du CO2 en France. L’objectif d’ici 2030 est de réduire les émissions carbone de trois millions de tonnes par an équivalent aux émissions de plus de 600 000 habitants.

Au total ce sont 462 millions d’euros qui ont été investis par des entreprises privées sur le domaine d’Haropa Port en 2023 et l’établissement public étudie encore de très nombreuses demandes d’implantations. Il dispose pour cela d’importantes réserves foncières estimées à 650 hectares d’ici à cinq ans et à 1000 hectares à horizon de dix ans.

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