Le fleuron français de la robotique humanoïde cherche un repreneur. Aldebaran, la société derrière les robots Nao et Pepper, est en redressement judiciaire. Ella doit supprimer 72 postes, soit près de la moitié de son effectif, et ce n'est peut être qu'un début. Comment expliquer cette situation, alors que la robotique humanoïde est un sujet porteur ?
Visiblement par le désintérêt soudain de sa société mère, l’allemand United Robotics Group (URG). Le chemin de cette pépite de la robotique, fondée en 2005 par Bruno Maisonnier, a été tortueux. À ses débuts, elle concentre ses efforts sur le développement du robot humanoïde Nao, destiné aux mondes de l’éducation et de l’aide aux personnes. En 2015, rachetée par le conglomérat japonais SoftBank, elle est renommée SoftBank Robotics Europe. À cette époque, le robot d’accueil Pepper devient le visage de SoftBank. Mais l’entreprise traverse une période difficile en 2021, qui conduit à la suppression de la moitié des 330 emplois en France. Puis en 2022, URG devient majoritaire au capital de SoftBank Robotics Europe, qui reprend le nom d’Aldebaran... L’équipe française travaille alors sur la conception du robot Plato, à la demande de son ancien propriétaire SoftBank, qui s’était engagé à en acheter 1 500. Le spécialiste de la robotique humanoïde doit alors se concentrer sur des technologies différentes, Plato étant un robot de services doté d’un corps cylindrique creux et se déplaçant à l’aide de roues. Un secteur sur lequel des entreprises chinoises vendent des robots à des prix défiant toute concurrence...
Le mode opératoire mis en place par SoftBank et poursuivi par URG est critiqué. Aldebaran ne s’occupe ni de la vente, ni de la stratégie commerciale, ni du marketing. Elle reçoit uniquement les fonds nécessaires pour fonctionner. Une stratégie qui l’a visiblement plongée dans les abîmes.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3741 - Avril 2025



