L’industrie automobile mondiale entre en zone de turbulences. Mais face au ralentissement du marché mondial, les trois équipementiers français Faurecia, Plastic Omnium et Valeo ont évité la sortie de route en 2019.
Les deux premiers sont parvenus à résister à une conjoncture plus compliquée en partie grâce à l’intégration de nouvelles activités. Avec Faurecia Clarion Electronics, la filiale du groupe PSA veut devenir "un leader mondial de l’électronique pour le cockpit et des systèmes d’aide à la conduite (Adas) à basse vitesse", tandis que Plastic Omnium profite désormais du savoir-faire de HBPO dans les modules bloc-avant de carrosserie. De quoi permettre à Faurecia d’afficher un chiffre d’affaires en légère progression à 17,8 milliards d’euros en 2019, assorti d’une bonne marge opérationnelle à 7,2 %. Plastic Omnium a vu son chiffre d’affaires bondir de 17,2 %, à 8,94 milliards d’euros, pour une marge de 6 %. Un résultat en recul, lié aux difficultés rencontrées lors de la montée en cadence de l’usine nord-américaine de Greer, en Caroline du Sud. Valeo frôle de son côté la barre des 20 milliards d’euros (19,2 milliards en 2019). Dans le même temps, le groupe a pâti de la grève chez son client américain General Motors, qui a amputé sa marge opérationnelle en 2019 à 4,1 % du chiffre d’affaires.
Depuis plusieurs années, Valeo investit dans de nouvelles plates-formes technologiques, ce qui pèse sur ses marges. Mais le pari porte ses fruits. En 2019, les produits innovants ont représenté 47 % des 22,8 milliards d’euros de prises de commandes captées par Valeo. Le domaine d’expertise couvre l’électrification, via la coentreprise avec Siemens, jusqu’aux systèmes Adas.
Pour répondre, comme Valeo, à la réduction des émissions polluantes en Europe et en Chine, Plastic Omnium et Faurecia croient au potentiel de l’hydrogène. "Les batteries ne sont pas opérantes dans le cas de certains types de véhicules tels les poids lourds. À l’inverse, l’hydrogène permet d’afficher une autonomie et un temps de recharge équivalents au diesel", estime Patrick Koller le directeur général de Faurecia. D’où la création d’une coentreprise avec Michelin autour de la start-up Symbio, spécialiste des piles à combustible. Pour le président du conseil d’administration de Plastic Omnium, Laurent Burelle, la capacité des équipementiers français à se maintenir dans un marché en crise tient à leur capacité à anticiper le changement, ainsi qu’à une internationalisation précoce.
Des atouts que les trois groupes vont devoir continuer à cultiver, le tout assorti de la poursuite des efforts de réduction de coûts entamés depuis plusieurs mois. Aucun n’anticipe de reprise en 2020, sans même prendre en compte les éventuels effets du coronavirus en Chine.



