La start-up Carbon trouve un partenaire pour son usine de photovoltaïque made in France

La start-up française Carbon annonce vouloir produire 5 GW par an de panneaux solaires made in France à partir de 2025, puis plus de 20GW après 2030. Pour commencer à construire ce projet séduisant sur le plan industriel, elle a annoncé lundi 12 septembre un partenariat technologique avec l'équipementier grenoblois ECM. 

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Panneaux Solaires
Carbon dit vouloir produire en France cellules et modules photovoltaïques dès 2025.

Le marché est là, à n’en pas douter. Rien qu’en France, il va falloir installer 90 gigawatts (GW) de capacités photovoltaïques nouvelles pour atteindre la neutralité carbone en 2050, a considéré Emmanuel Macron le 10 février à Belfort. Et quoi de mieux que de relocaliser une production réalisée majoritairement en Chine ? Quand la start-up Carbon annonce vouloir produire 5 GW de panneaux solaires made in France à partir de 2025, puis 15 GW à partir de 2030, on cherche donc à en savoir plus. D’autant qu’il ne s’agirait pas juste d’assembler des modules fabriqués ailleurs, mais bien de produire « à partir de silicium européen bas carbone », en l’occurrence allemand, « lingots, wafers, cellules et modules de grande qualité, faiblement carbonés, à un prix compétitif pour toute la filière », insiste l'entreprise. Un projet qui se dessine avec l'annonce, dans un communiqué de presse partagé lundi 12 septembre, de la signature d'un partenariat technologique avec le groupe grenoblois ECM, qui produit des équipements et des fours basse-pression visant notamment l'industrie photovoltaïque. 

Ce projet n’est pas sans rappeler celui du groupe sino-norvégien Rec Solar, annoncé en 2020 et toujours en cours de financement : l'entreprise veut produire 2 GW de cellules solaires par la technologie d’hétérojonction, à Hambach en Moselle. A l'inverse, le projet de Carbon s’appuierait sur des technologies moins innovantes, mais déjà largement utilisées dans le monde : la technologie TOPCon pour les cellules, et IBC pour les modules. Des solutions « développées par le Centre international de recherche sur l’énergie solaire allemand ISC Konstanz, qui soutient notre projet », détaille Pascal Richard, cofondateur de la start-up en cours de création à Lyon (Rhône), et ex-dirigeant de la filiale française du fabricant allemand d’onduleurs électriques SMA. 

Dans cette aventure, Carbon pourra ainsi s'appuyer sur son partenariat avec le spécialiste grenoblois des fours industriels ECM. Le groupe, qui emploie 500 personnes dans le monde, est déjà actif dans l'industrie solaire à travers sa filiale ECM Greentech, pour la production de plaquettes de silicium bas carbone, et SemcoSmartech, dont Carbon vante « l'expertise sur les technologies, procédés et équipements de fabrication de cellules solaires TOPCon et IBC.»

Un projet à un milliard d'euros

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Si Carbon vise d’emblée une production de 5 GW, c’est parce qu'il s'agit du minimum requis pour espérer rentabiliser la production industrielle. Les deux tiers de la production seraient commercialisés directement à des développeurs de projets photovoltaïques et le tiers restant vendu à d’autres industriels. Le site d’implantation de la production n’est pas encore défini, pas plus que le mode de financement du projet. Mais celui-ci représenterait un investissement de l’ordre du « milliard d’euros », estime Pascal Richard.

Le dirigeant vise « une première levée de fonds entre 100 et 200 millions d’euros pour lancer une production en 2023 ou 2024 ». Une somme importante, mais qui est « de l'ordre des dernières levées de fonds dans l’hydrogène », justifie l'entrepreneur, faisant sûrement référence à Hy2Gen. Sauf que le solaire ne bénéficie pas d’un plan de 9 milliards d’euros, ni d’un Piiec européen, permettant au gouvernement d’investir massivement dans des gigafactories solaires.

Certes, Pierre-Emmanuel Martin, président-fondateur du développeur de projets renouvelables Terre et Lac, est cofondateur de Carbon, et voit dans les panneaux made in France un avenir. Mais il va falloir convaincre bien d’autres investisseurs et industriels de la viabilité du projet. Or, la start-up n’est même pas encore créée. Et elle n'a pas encore travaillé sur les paramètres différenciants de ses futurs panneaux, que ce soit en termes de coût ou d'empreinte carbone. La route est encore longue.

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