Il est sans conteste l’un de ceux qui ont le plus tôt compris quel serait le nerf de la guerre au sein du bouillonnant monde des drones : la collecte et l’analyse de données.
"Les moyens de collecte sont vite devenus des commodités, considère Michaël de Lagarde, 39 ans. Il y a encore de la valeur dans les drones, mais il y en a surtout dans le traitement de la donnée."
Un penchant pour les services issu de sa propre expérience. Polytechnicien, Michaël de Lagarde a commencé sa carrière chez Schlumberger comme ingénieur de terrain sur les opérations de forage, où il remarque le besoin récurrent des chefs de site pour l’imagerie aérienne. Il ne cessera depuis la création de Delair en 2011 de vouloir emprunter le chemin du digital. D’où le partenariat noué en 2018 avec Intel qui a vu la start-up française implantée à Labège (Haute-Garonne) fournir au géant américain les briques technologiques nécessaires pour la mise en place d’une plateforme de traitement d’images relevées par drones. Aujourd’hui, Intel opère sa plate-forme Intel Inside fondée sur la propriété intellectuelle de Delair.
En parallèle, Delair a créé en 2019 sa propre plate-forme – delair.ai – qui, grâce à des algorithmes d’intelligence artificielle, offre des solutions automatisées de reconnaissance visuelle à des métiers spécifiques (mines et carrières, réseaux électriques, infrastructures pétrolières, agriculture de précision...). "À partir de 2020, le chiffre d’affaires issu de delair.ai va dépasser celui généré par les drones", prévoit le dirigeant.
Pour autant, Michaël de Lagarde n’en délaisse pas les appareils : Delair assemble ses propres engins en France et a signé un partenariat commercial avec le géant chinois DJI pour vendre ses drones. Contrairement à beaucoup d’autres entreprises du secteur, sa start-up comptant 140 personnes est toujours debout. Elle a levé au total 40 millions d’euros et génère un chiffre d’affaires compris en 10 et 15 millions d’euros. Une réussite rare dans le secteur.



