Le train à hydrogène d’Alstom fait une (brève) incursion en France

Pour la première fois, un train à hydrogène a roulé quelques kilomètres en France, ce lundi 6 septembre 2021. Le Coradia iLint qui a déjà fait ses preuves en Allemagne doit circuler pendant une semaine sur la piste d’essais ferroviaires de Valenciennes.

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Coradia iLint à Valenciennes
Le Coradia iLint d'Alstom sur le Centre d'essais ferroviaires de Petite-Forêt.

La France veut rattraper son retard sur ses voisins allemands qui feront rouler en 2022 des trains commerciaux à hydrogène produits et développés par Alstom. Les premiers trains commandés par quatre régions françaises n'arriveront pas tout de suite sur le réseau tricolore. En attendant, un train à hydrogène a (symboliquement) circulé en France ce 6 septembre. Un modèle d'Alstom, le Coradia iLint, premier train à hydrogène à rouler dans le monde, a été testé le lundi 6 septembre 2021 au Centre d’essais ferroviaires (CEF) de Petite-Forêt, près de Valenciennes pendant quelques kilomètres. Le tout sous les yeux de Jean-Baptiste Djebbari, le ministre des Transports, qui n’a annoncé aucune nouvelle commande pour la France, mais s’est réjoui de "l’excellence française" en la matière. Et de rappeler que «l’hydrogène est une solution d’avenir, alors que 45 % des lignes ne sont pas électrifiées». Il compte sur le nucléaire pour produire un hydrogène décarboné (un hydrogène jaune) et a indiqué que les besoins en électricité pour les transports en France seraient multipliés par 18 à l’horizon 2050.

iLint à ValenciennesOlivier Cognasse
iLint à Valenciennes iLint à Valenciennes

Le Coradia iLint commencera à circuler en service commercial en Basse-Saxe en 2022.

Premières livraisons en Basse-Saxe en 2022

Le Coradia i-Lint, déjà testé en Suède, et qui après son séjour en France rejoindra la Pologne, incarne l’intérêt grandissant des pays européens pour cette nouvelle technologie. Ce train qui a roulé de septembre 2018 à février 2020 en configuration commerciale en Basse-Saxe (Allemagne) – deux prototypes transformés en pré-série – sur une distance de 100 kilomètres entre Cuxhaven, Bremerhaven, Bremervörde et Buxtehude, va remplacer les trains diesel à partir de 2022. L’autorité organisatrice LNGV a commandé 14 rames qui seront livrées à partir de 2022. Une autre autorité organisatrice allemande, RMV, a passé commande de 27 rames.

Ce modèle n’est pas amené à circuler sur le réseau français, même si un test de plus grande ampleur est programmé pour 2022 sur la ligne Tours-Loches, dans la Région Centre-Val de Loire. Mais la France - avec un peu de retard - s’est bel et bien lancée dans l’aventure du train à hydrogène. La SNCF a commandé 14 rames Coradia Polyvalent bi-mode (traction électrique/caténaire et hydrogène/piles à combustible) pour le compte des régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche Comté, Grand Est et Occitanie. «Aujourd’hui, 1200 trains diesel ou bi-mode (électricité/ diesel) circulent en France et ils devront être renouvelés d’ici une dizaine d’années», rappelle Jean-Baptiste Eyméoud, président d'Alstom France. La SNCF s’est engagée à sortir du diesel en 2035.

iLint Valenciennes avec Jean-Baptiste Djebbari, ministre des TransportsOlivier Cognasse
iLint Valenciennes avec Jean-Baptiste Djebbari, ministre des Transports iLint Valenciennes avec Jean-Baptiste Djebbari, ministre des Transports

Le Président d'Alstom France, Jean-Baptiste Eyméoud et le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari  à la sortie du train.

Pour Reichshoffen, Skoda n’est plus seul

Le symbole d’une première rame de train à hydrogène qui roule sur le territoire français s’inscrit dans l’ambition du gouvernement français avec le Plan hydrogène et le Plan de relance pour accélérer la transition énergétique dans les transports. En attendant d'être prophète dans son propre pays, Alstom continue à engranger les succès à l'export avec son train à hydrogène. Fin 2020, l’opérateur milanais FNM a commandé 14 rames (donc six fermes) et un accord au Royaume Uni avec Eversholt Rail doit permettre de convertir des trains diesel à l’hydrogène. La chaîne de traction est réalisée dans l’usine de Tarbes (Hautes-Pyrénées), mais l’assemblage des futurs Regiolis (TER) sera réalisé à Reichshoffen (Alsace). Cette usine que doit céder Alstom est toujours dans l’attente. L’Europe a repoussé la date de sa cession prévue initialement fin juillet alors que les négociations avec Skoda patinent. Et il semble que d’autres constructeurs dont l’espagnol CAF soient revenus dans le jeu.

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