Le suédois H2 Green Steel sécurise le financement de la première usine d’acier vert du monde

La start-up suédoise H2 Green Steel a annoncé jeudi 7 septembre avoir récolté les 1,5 milliard d’euros nécessaires pour construire son usine d’acier vert, produit avec de l’hydrogène. L’entreprise, qui avait déjà sécurisé les prêts bancaires requis, prévoit de démarrer sa production fin 2025.

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H2 Green Steel
Vue d'artiste des tours de réduction directe du minerai de fer prévues par H2 Green Steel, qui permettront d'utiliser de l'hydrogène plutôt que du charbon.

Sauf imprévu, la première usine sidérurgique décarbonée d’Europe, et même du monde, devrait bientôt produire au nord de la Suède, dans la petite ville de Boden. La start-up H2 Green Steel a confirmé ses plans jeudi 7 septembre, en annonçant avoir récolté les 1,5 milliard d’euros d'investissement nécessaires pour construire son usine, pour laquelle les travaux de terrassement avaient déjà commencé l’été dernier. De quoi conforter la feuille de route d'H2 Green Steel, qui avance à toute vitesse et prévoit de débuter sa production fin 2025 pour arriver à l’échelle industrielle l’année d’après ! Avec la promesse de produire de l’acier avec de l’hydrogène plutôt que du charbon, et d’en diminuer ainsi les émissions de CO2 de 95%.

L’annonce était attendue. «Le projet coûte un peu plus de 5 milliards d’euros. Nous avons sécurisé 3,5 milliards de dette auprès d’un consortium européen, mené par des banques françaises. Le reste viendra d’investisseurs privés, de fonds souverains et de fonds de pensions. L’opération devrait être bouclée cette année», expliquait déjà le PDG d’H2 Green Steel à l’Usine Nouvelle en début d’année, lors d’un long entretien revenant sur sa stratégie et sa vision du futur de l’acier. Pari tenu. 

D'autres projets dans le monde

Le tour de table rassemble un large groupe, mené par la firme d’investissement suédoise Altor, le fonds souverain singapourien GIC, le fonds britannique spécialisé Just Climate et le fonds français dédié à l’hydrogène Hy24 (qui réalise par là même son plus gros investissement à date, via son fonds dédié aux infrastructures hydrogène). D’autres investisseurs, parmi lesquels les industriels Hitachi Energy et Schaeffler, ou la famille suédoise Wallenberg, familière des investissements dans l'industrie, ont aussi mis au pot. Au total, H2 Green Steel a levé 1,8 milliard d’euros en trois tours, auxquels s’ajouteront 3,5 milliards de financement par la dette.

Malgré son ampleur, l’opération n'est qu’un premier pas dans la décarbonation d’une industrie pesant 7% des émissions de CO2 mondiales. H2 Green Steel a déjà fait part de ses ambitions d’investir 2 milliards supplémentaires pour une deuxième phase de son usine de Boden. Mercredi 6 septembre, la start-up annonçait par ailleurs un partenariat avec le géant brésilien Vale – le plus grand producteur de fer du monde – pour étudier l’installation d’usines d’acier vert au Brésil et en Amérique du Nord. En France, la start-up GravitHy porte un concept similaire à Fos-sur-Mer, tandis que le géant ArcelorMittal prévoit d'installer une unité de réduction directe du minerai de fer à Dunkerque en 2026. Celle-ci fonctionnera dans un premier temps avec du gaz naturel, mais sera compatible avec l'utilisation d'hydrogène vert. 

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