L'avenir trouble des micro-brasseries stoppées par le Covid-19

Les ventes de bières ont reculé de 35% en volume au mois de mars. Une situation qui met notamment en danger les micro-brasseries. Selon Brasseurs de France, 60% des entreprises du secteur ont moins de trois ans. 

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Les ventes de bières se sont écroulées de -35% en volume au mois de mars.

Le mois de mars est généralement celui de la reprise pour les brasseurs. "Après janvier et février, période durant laquelle nous produisons, mars est le début de la haute saison avec la bière de mars", explique Maxime Costilhes, délégué général de Brasseurs de France, une fédération qui représente 98% des acteurs du secteur. 

Des ventes en baisse de 35%

Cette année, pourtant, confinement oblige, la période a été marquée par un net recul des ventes. "De l'ordre de 35% en volume par rapport à l'an dernier" précise le responsable. Les très petites entreprises, à l'image des micro-brasseries, qui représentent 96% des entreprises du secteur, sont en première ligne.

En 2019, il s'en est créé plus de 450 sur un total de 2 000 dans l'Hexagone. 60% des membres de Brasseurs de France ont d'ailleurs moins de trois ans.

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Si les grands acteurs du secteur comme Heineken ou Kronenbourg ont pu bénéficier d'une hausse des ventes en grande distribution de l'ordre de 3% sur les 12 premiers jours du confinement, les micro-brasseurs, distribués quasiment exclusivement dans les bars et restaurants, ont eu vu leurs débouchés s'arrêter. "Leur fermeture a freiné directement l’activité", confirme Jean-François Drouin, président du Syndicat National des Brasseurs Indépendants (SNBI).

Difficultés de trésorerie

Conséquence: les ventes de ces petites structures sont en chute libre,"nos chiffres d’affaires chutent de 80% à 100% tous circuits confondus", explique Jean-François Drouin. 

La situation est d'autant plus délicate que, calendrier de production oblige, le mois de mars est aussi souvent synomyme de faible trésorerie. "Si l'on résume, l'hiver nous produisons et l'été nous vendons" explique Maxime Costilhes, "aujourd'hui, les entreprises, notamment les plus petites, font fassent à des difficultés de trésorerie". 

Etre prêts pour la reprise

Et l'annonce du maintien de la fermeture des bars et restaurants au delà du 11 mai n'est pas de bon augure pour ces structures. "Dans ma brasserie de Pont-à-Mousson, le plus gros chiffre d’affaires est habituellement réalisé en mai-juin", commente Jean-François Drouin.

Aucune n'a, pour le moment, déposé le bilan. Brasseurs de France compte notamment sur les dispositifs d'aides de l'Etat, notamment le report des charges et le recours au chômage partiel, pour éviter d'en arriver là. "Nous aurons forcément des blessés mais le secteur est uni et solide pour être prêt lors de la relance" veut croire Maxime Costilhes. 

Les entreprises qui ont, pour la plupart, continué leur production, mettent désormais tout en place pour être prêtes lors de la reprise. "Nous devons être prêts à mettre en bouteilles ou en fûts, pour suivre la reprise de la demande et préparer l'outil industriel pour redémarrer rapidement" détaille Jean-François Drouin. 

Reste à savoir à quelle date le redémarrage aura lieu.

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