Comment les alcooliers préparent la sortie de crise en soutenant les bars

En vue de la fin du confinement, les producteurs d'alcool multiplient les actions de soutien à la restauration hors domicile. L'objectif ? Limiter la casse dans ce secteur qui, pour certains, représente plus de 40% de leur chiffre d'affaires.

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Pour certains producteurs d'alcool, la consommation dans les bars représente 30% de leur chiffre d'affaires
Pour certains producteurs d'alcool, la consommation dans les bars représente 30% de leur chiffre d'affaires

La fermeture des bars et restaurants en France et partout dans le monde a porté un coup dur à la consommation d'alcool. Selon les chiffres du cabinet Nielsen, sur la deuxième quinzaine du mois de mars, 17 millions de litres de bières et 1,3 million de litres de spiritueux auraient dû être consommés dans les 36 000 cafés et 120 000 hôtels -restaurants de l'hexagone. 

L'impact du confinement est d'autant plus grand que, selon le bureau d'étude, les ventes d'alcool au cours des mois de mars, avril, mai sont, habituellement, fortement poussées par la consommation à l'extérieur. 

Les ventes de bouteilles dans la distribution ont certes légèrement augmenté, mais pas suffisamment pour compenser ce manque à gagner, ajoute le cabinet de conseil.

Inciter les clients à retourner dans les bars

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Pour anticiper la reprise, certains industriels du secteur n'hésitent donc pas à soutenir les bars et restaurants fermés. C'est le cas du géant belgo-brésilien AB-Inbev qui possède notamment les marques Leffe, Stella Artois ou Hoegaarden.

Après avoir pris l’initiative de proposer à la majorité de ses clients de repousser de 30 jours leurs délais de paiement afin de leur permettre de préserver leur trésorerie, le groupe alcoolier, qui réalise un chiffre d'affaire de 663 millions d'euros en France, vient d'annoncer le lancement de la plateforme "bar solidaire".

Ce site permet aux clients habituels d'acheter des bons cadeaux pour les bars et restaurants. AB-Inbev, de son côté, abonde la mise en venant doubler la valeur du bon d’achat en équivalent bière. 

20 millions d'euros pour soutenir les bars et restaurants

Grâce à cette opération, le géant alcoolier, qui réalise plus de 30% de ses ventes hors domicile, espère inciter ces clients à retourner dans ces lieux à la sortie de crise et fidéliser une nouvelle clientèle. "En plus des mesures annoncées par le gouvernement, nous espérons que ces initiatives permettront au plus grand nombre d’établissements français, clients AB InBev ou non, de traverser cette crise et de garder l’espoir dans les semaines qui viennent”,rapporte Jacques Lebel, directeur Général d’AB InBev France dans un communiqué.  L'ensemble de ces mesures devrait coûter l'équivalent de 20 millions d'euros.

C'est également quelques millions, trois exactement que le groupe Barcardi, maison mère de Martini et Grey Goose va consacrer à sa campagne Raise Your Spirits sous la forme de dons aux bars et restaurants actuellement fermés. "Nous n'avons pas toutes les réponses aujourd'hui sur la meilleure façon d'aider partout, mais nous nous engageons à faire ce que nous pouvons pour aider notre industrie à traverser cette crise", explique le groupe dans un communiqué. 

Pernod Ricard aussi se mobilise

Avec un quart de son chiffre d'affaires de 8,9 milliards d'euros réalisé dans les bars et restaurants, le groupe français Pernod Ricard n'est pas épargné par les effets du confinement. Pour anticiper la reprise, l'entreprise française a fait le choix de réagir par marché. Ainsi, en France, la société Ricard, propriété du groupe, soutient la plateforme "jaimemonbistrot.fr" qui permet de pré-commander des consommations dans les bars inscrits sur le site.

Les partenaires eux complètent à hauteur de 50% sur les sommes investis. "C'est une initiative parmi d'autres mais les petits ruisseaux font les grandes rivières", observe Maxime Costilhes, directeur général de Brasseur de France dont deux des membres Heineken et Kronenbourg soutiennent aussi le projet.

Etre prêt pour la reprise

Pour les brasseurs, l'initiative est d'autant plus importante que près de 35% des volumes sont actuellement sans débouché. "Actuellement, nous notons une baisse de la demande de l'ordre de 40%" explique le responsable.

Pour limiter la casse dans un secteur pour 60% des entreprises ont moins de trois ans, Brasseur de France espère une reprise au plus tard le 1er juin, date à laquelle la grosse saison commence: "notre objectif est que tous les acteurs soient prêts à la reprise", précise Maxime Costilhes. 

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