C’est désormais officiel : Nissan commercialisera un modèle basé sur la version électrique de la Renault Twingo, prévue en 2026. Luca de Meo avait annoncé en octobre 2023 que son partenaire nippon y réfléchissait. Bien que disposant de 80% de pièces en commun, «ce modèle sera conçu par Nissan», précise toutefois un communiqué publié lundi 31 mars à la mi-journée. L'information, positive, s'accompagne d'autres annonces beaucoup plus négatives pour l'alliance Renault-Nissan. Les deux constructeurs, autrefois unis dans tous les domaines, ont signé un accord-cadre multifacette à la portée réduite, bien loin de leurs ambitions communes d'antan.
Sur le plan financier, un amendement à l’accord de l’Alliance de 2023 prévoit de réduire la participation croisée de chacune des entreprises, en établissant l’obligation de conservation à 10% du capital du partenaire, au lieu de 15% actuellement. «Renault Group et Nissan auraient chacun le droit, sans obligation, d'abaisser leur participation respective à un minimum de 10%», explique le communiqué, qui précise que «cet amendement n’aura aucun impact sur les actions de Nissan détenues par Renault Group dans une fiducie française (18,66 % du capital de Nissan)». Ces derniers mois, Renault a vendu à rythme soutenu sa participation dans Nissan, avec trois opérations de cession d’actions enregistrées depuis fin 2023. Le groupe tricolore reste le premier actionnaire de son allié avec 17,05% de participation.
Lors d'une conférence de presse suite à cette annonce, le nouveau directeur financier du groupe Renault, Duncan Minto, a sous-entendu que cette «flexibilité» pourrait faire les affaires de Nissan, qui vient de changer de patron. «Nissan est actuellement en plein plan de restructuration, ce qui lui donnerait la possibilité de vendre 5% des actions Renault, s'il le souhaite».
Pas d’investissement de Nissan dans Ampere
L’amendement prévoit également que Nissan soit «libéré de son engagement à investir dans Ampere, tout en continuant les projets véhicules approuvés», explique le communiqué. «L’accord d’investissement conclu le 26 juillet 2023, entre Renault Group, Nissan et Ampere serait résilié». C’est un revirement. En novembre 2023, à la création d’Ampere, marque B2B filiale de Renault spécialiste de la conception et fabrication de véhicules électriques, une prise de participation de Nissan à hauteur de 600 millions d’euros était envisagée (Mitsubishi devait également investir 200 millions d’euros).

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Un an et demi plus tard, l’heure n’est plus au partage et Nissan semble devenir davantage le client que l’allié de Renault, y compris en Europe où le groupe nippon dépend fortement de son partenaire tricolore dont il “rebadge” les modèles, à l’image de la future Micra dérivée de la Renault 5, fabriquée à Douai (Nord). «Cela n'a pas d'impact sur les perspectives économiques d'Ampere, qui n'a pas besoin de liquidités et vise toujours à atteindre le seuil de rentabilité cette année», a tenu à rassurer Duncan Minto.
Révolution en Inde
Renault et Nissan vont enfin revoir leur collaboration en Inde. Les associés y détenaient jusqu’à présent deux coentreprises : une usine, Renault Nissan Automotive India Private Ltd (RNAIPL), détenue à 51% par Nissan et 49% par Renault ; et un centre de recherche, Nissan Technology Business Centre (RNTBCI), détenu depuis la refonte de l’Alliance en 2023 à 51% par Renault et 49% par Nissan. Renault va racheter les 51% de parts de Nissan dans le site industriel. Le japonais va là aussi devenir un simple client. «Au cours des prochaines années, Nissan continuera à s’approvisionner auprès de RNAIPL pour servir l’Inde ainsi que l’export», indiquent les entreprises.



