Le luxe continue à montrer mauvaise mine à cause du ralentissement de la consommation chinoise, mais celle-ci n’affecte pas tout le monde de la même manière. Si les ventes du troisième trimestre de LVMH sont en baisse de 4,4%, elles se portent toujours mieux que celles de Kering, qui chute de 15%. Cette baisse est surtout due à la maigre performance de Gucci, qui dégringole de 25%.
Alors qu’en 2023, la griffe italienne comptait pour la moitié du chiffre d’affaires du groupe de François-Henri Pinault, elle compte cette année (qui n’est pas encore conclue) pour seulement 43% des ventes, et ce, alors que toutes les maisons du groupe, hors Bottega Veneta, affrontent des ventes en baisse.
Hermès garde un chiffre d’affaires en hausse
D’autres groupes, qui ont une activité partielle dans le luxe, comme L’Oréal et EssilorLuxottica, ne connaissent pas une telle baisse. Le chiffre d’affaires du dernier est en hausse de 4%, tandis que la division luxe du géant de la cosmétique montre des ventes en hausse de 5,8%.
La dernière entreprise du luxe dans le CAC40, Hermès, continue à voler au-dessus de la mêlée avec une augmentation des ventes de 14%. Des résultats qu’elle doit sans doute à sa position de maison de luxe dite «intemporelle» qui ne subit pas, ou très peu, les fluctuations de la mode.
Une «problématique cyclique»
Quand apercevra-t-on la fin de la crise que traversent les groupes de luxe ? Selon une note d’analyste d’Oddo, cela pourrait être pour bientôt. «La dépense chinoise a vécu une période de croissance très modeste depuis 2019 et l’appétit pour les produits européens du luxe semble intact. C’est une question de temps avant que le marché du luxe ne récupère. La problématique semble cyclique», peut-on lire sur la note.
Les analystes conseillent aussi aux maisons du luxe de renouveler leurs créations, ce que Gucci a par ailleurs cherché à faire, en recrutant Sabato de Sarno comme directeur artistique en janvier 2023. «Ultimement, un nouveau cycle se mettra en place, mais cela nécessitera de l’innovation de la part des maisons du luxe… et de la patience de la part des investisseurs».



