Alors que le manque d'eau frappe de nouveau la France avec 86 départements en alerte sécheresse à la fin juillet, Veolia veut développer la réutilisation des eaux usées traitées. Le premier gestionnaire mondial de l’eau annonce ce 25 juillet un programme pour équiper 100 stations d’épuration en France d’une unité de traitement supplémentaire afin de fournir de l'eau à des fins non-potables. Déjà 10 stations disposent d’installations pour la réutilisation de l’eau usée traitée ; 30 autres sont en cours d'équipement.
Le potentiel de réutilisation des eaux usées sur les 100 stations d’épuration serait de 3 millions de mètres cubes d’eau potable économisés chaque année, « soit l’équivalent de la consommation annuelle d’une ville de 180 000 habitants », précise Veolia dans son communiqué. Cela reste néanmoins une goutte d’eau sur les 5,3 milliards de mètres cubes consommés en France chaque année. Aujourd’hui, la réutilisation des eaux usées traitées concerne moins de 1 % de l’eau qui sort des 22 000 stations d’épuration du pays. Veolia opère sur la moitié d’entre elles.
Réduire la pression sur l’eau potable
Pour l’instant, une grande partie des eaux usées traitées réutilisées par Veolia est destinée à la consommation interne des stations d’épuration pour le lavage des équipements, le traitement des boues ou la préparation des polymères destinés aux boues, par exemple. Mais c'est surtout pour l'irrigation que l'eau usée traitée s'avère pertinente car riche en nutriments. La ville de Narbonne (Aude), dont la station réutilise déjà 18 000 mètres cubes d’eau usée traitée, étudie la possibilité d’étendre son usage au nettoyage des voiries et à l’arrosage des parcs.
La réutilisation des eaux usées traitées permet de diminuer le recours à de l'eau potable pour des usages qui ne requièrent pas une telle qualité. Après un traitement supplémentaire, les eaux usées traitées se classent de A à D, A étant de la meilleure qualité pour le maraîchage par exemple et D la moins bonne pour l’arrosage des taillis. « L’eau issue de notre traitement est de classe A », informe Veolia à L’Usine Nouvelle. Le traitement visant la potabilisation fait l’objet d'un projet à part en Vendée, nommé Jourdain, censé être opérationnel mi-2023.

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Equipement conçu par Veolia
Le traitement supplémentaire est réalisé grâce à une machine, conçue et assemblée par Veolia sur l'un de ses sites dans l’Hérault. L’eau en sortie des stations d’épuration passe par cette machine pour subir un premier traitement par filtration avec des billes de verre recyclables avant de franchir un réacteur ultraviolet. En fonction de la qualité exigée de l'eau pour son usage final, il est possible de rajouter une injection de chlore. Parallèlement à son usage en interne, cette machine est commercialisée par Veolia pour un montant d'environ 50 000 euros l’unité.
La première machine est entrée en fonction en 2017 sur les sites de Veolia. Elle équipe non seulement la station de Narbonne, mais également celle de Dinard (Ille-et-Vilaine), Deauville (Calvados), Nîmes (Gard) ou encore Dieppe (Seine-Maritime). L’objectif des 100 stations équipées devrait être atteint « dans quelques années », informe Veolia sans donner de date.
Veolia Machine conçue et utilisée par Veolia pour réaliser des traitements supplémentaires sur l'eau issue des stations d'épuration. Crédit photo : Veolia.



