[L'industrie c'est fou] A Singapour, une bière produite à base... d'eaux usées

Pour mettre en avant leurs efforts dans le recyclage des eaux usées, les autorités de Singapour ont développé, avec une brasserie locale, une bière à partir d'eau non-potable à l’origine.

Newater
40% des besoins en eau de Singapour sont assurés par les trois centrales de traitement de l'eau fonctionnant selon le procédé Newater.

Le premier ingrédient de la bière en volume n’est ni du malt, ni du houblon… mais de l’eau, à hauteur d’environ 90%. Une ressource difficile à mobiliser en zone urbaine, de surcroît dans un contexte de raréfaction des ressources. A Singapour, la brasserie Brewerkz, établie dans la cité-Etat depuis 1997, utilise un procédé permettant de s’approvisionner... à partir du réseau d’eaux usées. La bière concernée, baptisée Tropical Blonde Ale, a été lancée en avril à l’occasion d’une semaine de sensibilisation à l’environnement.

L'eau recyclée en trois étapes

Si cette bière n’est commercialisée auprès du grand public que depuis quelques semaines, le procédé employé n’a, en revanche, rien de nouveau. L’Agence nationale de l’eau de Singapour a lancé son process Newater en 2002, et compte aujourd’hui cinq centrales dédiées. L’eau usée est recyclée en trois étapes : microfiltration (l'eau usée traitée transite à travers des membranes pour filtrer les particules microscopiques et les bactéries), osmose inverse (pour ne laisser passer que les molécules d’eau), et désinfection aux ultraviolets.

La bière, baptisée Newbeer, était jusqu’alors disponible, depuis 2018, seulement lors de congrès professionnels autour de l’environnement. Pour sa commercialisation auprès du grand public, des malts d'orge allemands de première qualité, des houblons aromatiques Citra et Calypso (très appréciés des beer geeks), ainsi que des levures norvégiennes (kveik) ont été utilisés. De quoi faire oublier que des résidus d’urine ont pu être décelés dans l’eau initialement captée. En 2015, un festival danois de musique avait pour sa part collecté 25 000 litres d’urine pour fertiliser les champs d'orge dont les récoltes étaient destinées à la production de la bière servie deux ans plus tard.

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