Le décollage des carburants aériens durables (CAD ou SAF en anglais) va nécessiter de lourds investissements. Dans sa directive ReFuelUE aviation, l’Europe fixe aux pétroliers un mandat d’incorporation de carburant aérien durable à 6% à horizon 2030. TotalEnergies, qui fabrique de façon un peu artisanale du SAF français à partir d’huiles usagées et de graisses animales depuis 2022 entre ses sites de La Mède (Bouches-du-Rhône), Oudalle (Seine-Maritime) et sa plate-forme Normandie à Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime), doit revoir sa copie.
L’investissement de 400 millions d’euros pour convertir la plateforme de Grandpuits (Seine-et-Marne) qui devait permettre de produire 210 000 tonnes par an de CAD à partir de 2025 sur le procédé HEFA ne va pas suffire. Le nouvel investissement sur le site, annoncé début juin, pour produire 75 000 tonnes supplémentaire d’ici à 2027, non plus.
Vers du HVO 100% 2G à La Mède
Pour répondre à la demande croissance de SAF des compagnies aériennes, à l’occasion du salon du Bourget, TotalEnergies a annoncé un nouvel investissement de 70 millions d'euros en 2024 sur sa bioraffinerie de La Mède, dédiée à la production de biodiesel routier. Objectif : moderniser les installation afin de pouvoir traiter, dès 2024, jusqu'à 100% de déchets issus de l’économie circulaire (huiles usagées et graisses animales) pour produire des biocarburants 100% de deuxième génération, sans huiles végétales vierges (2G). Le site ne produira pas davantage mais le biodiesel HVO qui était exporté sera redirigé vers Normandie.
TotalEnergies, qui explore depuis quelques mois le coprocessing d'huiles de cuissons sur sa raffinerie de Gonfreville, veut y porter la production de SAF par cette voie à 40 000 tonnes en 2025. Grâce à des « travaux techniques menés avec ses partenaires aéronautiques », TotalEnergies pourra aussi y fabriquer 150 000 tonnes supplémentaires par coprocessing HEFA de biodiésel produit à La Mède, une voie en cours d'homologation. Dans le monde, TotalEnergies a l’ambition de produire 1,5 million de tonnes avec des unités de SAF en Europe, aux Etats-Unis, au Japon et en Corée du Sud, soit 10% du marché mondial à l'horizon 2030.



