Alors que se profile l'heure des bilans, au terme d'une étrange année 2020 marquée par la pandémie de Covid-19, "il y a des gagnants et des perdants" chez les fabricants d’emballages, résume Christophe Rosset, président de la commission des affaires économiques d’Elipso. 57% des répondants à une enquête conjoncturelle de l'association professionnelle, présentée le 9 novembre, ont déclaré une baisse de leur chiffre d’affaires par rapport à 2019, tandis que 43% ont plutôt bien résisté, avec un chiffre d’affaires stable, voire en hausse.
Depuis septembre, les professionnels craignent que le prix s’impose de nouveau comme le premier critère d’achat des donneurs d’ordre, devant les critères environnementaux. "Avec la crise, le pouvoir d’achat redevient un enjeu", constate Christophe Rosset, alors que le secteur investit pour répondre aux impératifs d’économie circulaire. "Nous appelons à la vigilance, afin que cette pression ne devienne pas contre-productive pour l’emploi".
L’optimisme domine chez les industriels pour 2021
Même si les incertitudes quant à la sortie de crise demeurent, le bilan mitigé de 2020 ne décourage pas les professionnels de l'emballage en plastique souple. En 2021, 83 % des répondants à l'enquête de conjoncture d'Elipso envisagent une stabilité ou une hausse de leur activité, notamment dans l’alimentaire destiné aux grandes et moyennes surfaces.

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"Les secteurs de l’hygiène et de l’entretien anticipent une stabilisation, après une forte hausse en 2020", indique Christophe Rosset, qui alerte tout de même sur le ralentissement sans précédent des secteurs de la cosmétique et de la restauration hors domicile. Ce dernier est considéré comme particulièrement à risque: "44 % de nos entreprises craignent des impasses de trésorerie chez leurs clients". Elipso en appelle aux autorités et au gouvernement pour un soutien et un maintien des assurances crédit. "Il est crucial de soutenir ces entreprises fragilisées et de protéger l’emploi".
Une urgence: incorporer plus de plastique recyclé
Nonobstant la crise, la transition vers l’économie circulaire des plastiques demeure le moteur de la transformation des entreprises de l’emballage. Collectivement, "92% de nos clients nous poussent dans cette direction", commente Serge Vassal, président du groupe Barbier, en se référant aux chiffres de l’étude. "L’incorporation de recyclé est un challenge majeure de l’industrie agroalimentaire", rappelle le patron de Barbier :"aujourd’hui, 27% des emballages plastiques sont recyclés, 43 % sont valorisés énergétiquement et 30 % sont enfouis."
L’incorporation de matière recyclée est le premier motif d’investissement des industriels du conditionnement, avant la recyclabilité et la recherche d’allègement, révèle l’étude d'Elipso. Face aux matériaux concurrents, les transformateurs considèrent l’analyse du cycle de vie et les enjeux de décarbonation comme les seuls juges de paix. "La loi antigaspillage a fixé un cadre d’action pour les décennies à venir, mais il ne faut pas négliger l’impact négatif d’une chasse au plastique débouchant parfois sur un refus catégorique au bénéfice d’autres matériaux non recyclables, souvent importés et à l’impact CO2 largement supérieur aux emballages plastiques", fait valoir Françoise Andres, présidente d’Elipso.
400 millions d’euros pour aider à la transition vers l’économie circulaire
Pour accompagner les professionnels dans leur mutation, le plan de relance, dont 30 milliards d'euros sont dédiés à la transition écologique, est une aubaine. "Ces investissements auraient été impossibles, même en période de croissance", reconnaît Emmanuel Guichard, le délégué général de l’association, qui indique que 400 millions d’euros ont été réclamés aux pouvoirs publics.
Face à la multiplication des guichets, l’accès aux aides s’avère cependant complexe, pour un tiers des adhérents. "C’est parfois difficile de trouver le bon acteur", reconnait Emmanuel Guichard, qui incite les membres à se tourner vers les chambres de commerce et d’industrie.



