Pour les multinationales de l’agroalimentaire, la réduction des émissions de gaz à effet de serre oblige à s’impliquer sur l’amont. Le français Danone a franchi un cap important, annonçant par communiqué mardi 17 janvier son ambition de réduire 30% les émissions de méthane liées à son approvisionnement en lait frais (les poudres de lait ne sont pas concernées) d’ici à 2030 par rapport à 2020. Une date à laquelle le groupe annonçait déjà avoir réduit ses émissions de méthane de 14% depuis 2018.
58 000 exploitations laitières dans 20 pays sont concernées. En France, 1 500 exploitations devront sauter le pas. Jeanette Coombs-Lanot, directrice du développement durable chez Danone, fait état de «trois leviers» principaux pour atteindre cet objectif. Il s’agit d’abord «d’optimiser la santé et le bien-être animal», dès lors «qu’une vache en bonne santé produit mieux et plus longtemps». Une augmentation des apports en amidon dans l’alimentation, via des déchets de pomme de terre ou de boulangerie par exemple, permettrait de doper la production tout en diminuant les émissions de méthane.
Un complément alimentaire pour les bovins
Autre levier : l’usage accru de méthaniseurs pour limiter les émissions liées aux effluents des élevages. Dernier point, Danone s’en remet aussi à «l’innovation» et cite notamment cet exemple venu de Belgique, où le groupe a mené un projet pilote sur un complément alimentaire capable de limiter la production de ce gaz lors de la digestion des bovins.
Le groupe reste toutefois flou sur les incitations financières liées à l’adoption de ces pratiques, Jeanette Coombs-Lanot rappelant que le groupe «[apporte] déjà des soutiens financiers via [son] programme agriculture régénératrice» ou encore que «chaque solution doit être adaptée au contexte».
Dans le communiqué, Danone dit aussi faire «la promotion de modèles de financements innovants, tels que des modèles de cofinancement entre les entreprises et les gouvernements». La société a aussi obtenu une aide de 70 millions de dollars de la part du ministère de l’Agriculture états-unien pour améliorer la gestion du fumier. Mais les relais de financement ne sont pas seulement étatiques : Jeanette Coombs-Lanot évoque des financements «philanthropiques» via l’ONG Global Methane Hub.



