Créé en 2022, le Paris Saclay Cancer cluster (PSCC) entre dans sa phase opérationnelle et a présenté son plan d’actions, vendredi 3 février, à Villejuif (Val-de-Marne). Porté par Gustave Roussy (premier centre européen de lutte contre le cancer), l’Inserm, l’Institut Polytechnique de Paris, l’Université Paris-Saclay et Sanofi, le projet est le premier lauréat de l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) biocluster. Lancé dans le cadre du plan "France 2030" cet AMI a pour objectif de créer des pôles d’excellence regroupant la recherche, le soin, les entreprises et l’innovation avec pour ambition d’accélérer le développement de solutions diagnostiques et thérapeutiques.
«Cela fait partie de la responsabilité de Sanofi de contribuer au dynamisme des écosystèmes dans lesquels il intervient et en particulier en France. Sanofi peut aussi apporter une expertise sur différents sujets et, notamment, s’exprimer sur les besoins des industriels », commente Christian Deleuze, directeur général délégué à l’innovation de Sanofi.
Une offre intégrée pour accélérer les projets industriels
Seul cluster consacré à l’oncologie en France, le PSCC sera un point d’entrée unique pour tous les projets industriels liés au cancer et voulant se développer sur le territoire national qu’ils émanent du monde académique, d’entreprises ou encore de grands groupes pharmaceutiques. «Le PSCC proposera une offre intégrée avec de l’expertise, des plateformes technologiques, des accès aux données, du financement, de l’espace avec un parc immobilier de 100 000 mètres à proximité de Gustave Roussy à Villejuif et qui constituera le lieu totem du cluster», résume Eric Vivier, président de l’association Paris Saclay Cancer Cluster.
Concrètement les acteurs du secteur d’activités auront accès aux expertises en cancérologie, à des données de santé et à des échantillons biologiques ainsi qu’à 15 plateformes technologiques dont certaines sont déjà en service. Le PSCC proposera, en outre, un accompagnement par des experts à chaque étape du développement d’une solution et disposera d’un fonds d’intervention pour aider les projets précoces.
«Ce cluster constitue une possibilité de nous rapprocher de personnes qui font de la recherche en oncologie, de travailler avec l’écosystème et d’accéder plus facilement a des financements», explique Gabriel Lerebours l’un des fondateurs de la start-up Floating Genes à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Spécialisée dans la détection précoce du cancer par biopsie liquide, l’entreprise discute, depuis six mois avec Gustave Roussy. «Je pense qu’ils sont intéressés par notre technologie mais les choses sont longues à se formaliser. Etant plus proches ce sera peut-être plus facile», poursuit Gabriel Lerebours.
Un soutien de l’Etat
Un premier cercle de partenaires, où figurent, par exemple, l’institut Curie ou l’AP-HP, s’est constitué autour du noyau des cinq fondateurs. «Nous discutons également avec Ipsen, Servier et des entreprises pharmaceutiques de tailles diverses ainsi qu’avec des sociétés qui ne sont pas nécessairement dans le médicament mais qui sont dans l’intelligence artificielle ou l’organisation des données», précise Eric Vivier.
L’Etat s’est engagé à apporter entre 80 et 100 millions d’euros sur dix ans. Sanofi, de son côté, a prévu d’investir jusqu’à 150 millions d'euros. «50 millions d'euros font l’objet d’une convention de mécénat avec l’association Paris Saclay Cancer Cluster afin de financer des recrutements, des équipements, des investissements autour de la data. Nous avons également, lancé, trois programmes de recherche académiques avec Gustave Roussy. Enfin nous investirons dans des participations ou des collaborations avec des start-up», complète Christian Deleuze.



