Après une phase de repositionnement dans les alliages cuivreux à haute valeur ajoutée, Lebronze alloys entame une phase de croissance tournée vers les États-Unis et les pays émergents. Pour l’accompagner dans sa stratégie, l’ETI basée à Suippes, dans la Marne, a annoncé le 8 octobre être entrée en négociations exclusives avec la société d’investissement luxembourgeoise Astorg, avec l’objectif de lui céder une participation majoritaire.
Michel Dumont, président de Lebronze alloys, estime que «grâce à sa grande expertise industrielle et à sa culture entrepreneuriale, Astorg serait le partenaire idéal pour mener à bien notre stratégie et créer de nouvelles opportunités de croissance». Le dirigeant réinvestirait pour sa part au capital et demeurerait un «actionnaire important» tout en occupant le fauteuil de président exécutif du conseil d’administration. Sa fille, Alexandra Dumont, garderait la direction générale du groupe de 710 salariés (chiffre d’affaires de 239 millions d’euros en 2023). L’équipe de management devrait également monter au capital.
Il s’agit donc d’une nouvelle étape dans le développement du métallurgiste français né de l’intégration dans Le Bronze Industriel - rebaptisé Lebronze alloys -, de différentes sociétés de production de demi-produits et composants en alliages cuivre et nickel. En reprenant l’entreprise fortement endettée en 2006, avec un groupe d’investisseur, Michel Dumont s’était attaché à la restructurer. Ces six dernières années le dirigeant de 62 ans avait recentré le métallurgiste sur les alliages de spécialité, à plus forte valeur ajoutée, en se séparant des activités dans les alliages de commodité. Le portefeuille est passé dans l’intervalle de 300 à 200 alliages en privilégiant les produits entrant dans une logique de certification pour la santé, l’aéronautique ou encore l’électronique.
Création de centres de services continentaux
Astorg, une société de capital investissement au rayonnement européen, avec plus de 24 milliards d'euros d'actifs en gestion, était en discussion avec le métallurgiste depuis début 2024. Une fois la transaction avalisée, elle se donne cinq ans pour atteindre trois principaux objectifs. Le premier consistant à conquérir de nouveaux marchés comme le spatial ou encore les bornes de recharge pour véhicules électriques, où les alliages de Lebronze alloys sont actuellement peu utilisés. Le deuxième objectif du fonds consiste à dupliquer le leadership européen du groupe aux États-Unis et en Inde. En effet, Lebronze alloys réalise à l’heure actuelle 60% de son chiffre d’affaires sur le Vieux continent. Enfin, Astorg souhaite créer davantage de proximité avec les clients de l’industriel en installant des centres de services sur ses principaux marchés. Un premier centre est déjà en activité en Grande-Bretagne, un deuxième est en cours d’ouverture à Breteuil (Oise) pour servir l’Europe continentale et d’autres devraient suivre au cours des deux prochaines années aux États-Unis, en Chine et en Inde.
Lebronze alloys compte actuellement neuf sites de production, dont trois fonderies implantées à Suippes (Marne), Bornel (Pas-de-Calais) et Lüdenscheid (Allemagne). L’entreprise est présente sur les marchés de l’aéronautique, de l’énergie, l’électronique, la santé, l’automobile et du luxe.



