Plus les mois passent, plus la perspective d'une année 2021 au moins aussi mauvaise que 2020 se profile. La pénurie de composants électroniques pèse de manière durable sur les ventes des constructeurs, souvent contraints de ralentir leur production, voire de fermer certaines usines.
Selon les chiffres publiés vendredi 15 octobre par l'Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), l'Union européenne, le Royaume-Uni et les États membres de l'Association européenne de libre-échange (Islande, Norvège et Suisse) ont enregistré 972 723 immatriculations de voitures neuves particulières en septembre 2021, une baisse de 25,2% par rapport à septembre 2020. Pour un mois de septembre, jamais le niveau n'avait été aussi bas depuis 1995.
Chute de 20% en France
En prenant en compte les neuf premiers mois de l'année, la tendance est plus positive : 9 161 918 immatriculations ont été enregistrées, soit 6,9% de plus qu'entre janvier et septembre 2020. Mais la croissance a nettement ralenti depuis l'été, puisqu'elle atteignait encore 27,1% pour les six premiers mois de l'année. Quoi qu'il en soit, les ventes restent toujours très éloignées de leur niveau d'avant-crise sanitaire.
Au sein des 30 pays européens étudiés, seuls deux d'entre eux ont comptabilisé en septembre 2021 plus de ventes que l'année précédente : l'Estonie (+8,2%) et Chypre (+12,1%). Les autres ont simplement tenté de limiter la casse, de manière plus ou moins fructueuse. Avec une chute de 20,5%, la France fait mieux que la Lituanie (-56,8%, la pire évolution du marché), le Royaume-Uni (-34,4%), l'Allemagne (-25,7%) et l'Italie (-32,7%), mais pas aussi bien que l'Espagne (-15,7%).
Stellantis perd du terrain
Depuis plusieurs mois déjà, Stellantis fait partie des groupes les plus affectés au niveau des ventes. L'entreprise issue de la fusion de PSA et Fiat-Chrysler Automobiles (FCA) a comptabilisé 179 117 immatriculations en septembre 2021, ce qui représente une chute de 30,4% en un an, pour une part du marché de 18,4% (-1,4 point par rapport à août 2020). Peugeot a vendu 48 877 voitures neuves, soit 35,8% de moins que l'année dernière, Opel-Vauxhall 41 663 unités (-24,6%) et Citroën 33 951 véhicules (-24%).
Seule la marque DS affiche des résultats positifs, avec 3 789 unités (+9,2%). Du côté italo-américain, Fiat a livré 34 758 véhicules (-35,5%), Jeep 10 512 modèles (-28%), Lancia-Chrysler 2 946 voitures (-37,2%), enfin Alfa Romeo, seulement 2 182 unités (-46,5%). Sur les neuf premiers mois de 2021, le groupe a enregistré 1 863 391 immatriculations, 8,1% de plus qu'au cours de la même période l'an dernier.
Son concurrent tricolore, le groupe Renault, affiche quant à lui 96 781 immatriculations, un retrait de 24,2% par rapport à septembre 2020 pour une part de marché de 9,9% (contre 9,8% l'année précédente). Si Alpine et Lada continuent leur ascension malgré des volumes très faibles (respectivement +227,4% et +129,7%), les deux autres marques du constructeur français sont dans le rouge. Dans le détail, les immatriculations de Renault baissent de 30,1% (58 731 unités), et celles de Dacia de 13,6% (37 664 unités).
Daimler en bas de classement
Les constructeurs allemands dégringolent eux aussi, même le leader du marché automobile européen. Avec 207 428 voitures neuves particulières vendues, Volkswagen enregistre une chute de 29,7% par rapport à septembre 2020. BMW affiche une trajectoire similaire, avec 68 420 unités (-24,4%), quand Daimler décroche la pire performance du marché en raison de sa chute de 48,1% (45 811 immatriculations).
L'américain Ford, le sino-suédois Volvo, et le groupe d'origine britannique Jaguar Land Rover sont également à la peine : -46,2% sur un an pour le premier (42 350 unités), -38,8% pour le deuxième (18 235 unités) et -43,4% pour le troisième (12 979 unités). L'heure n'est pas non plus à la fête du côté des constructeurs asiatiques. Les deux partenaires de Renault, Nissan et Mitsubishi, continuent de plonger, avec respectivement 23 765 et 5 862 immatriculations en septembre 2021 (-34,2% et -35,1% sur un an), tout comme leur compatriote Honda, qui enregistre une baisse de 27,8% (4 550 unités).
Les deux constructeurs japonais Toyota et Mazda font légèrement mieux que leurs concurrents, avec 66 113 et 17 960 ventes (-18% et -11,8%) mais tous se sont fait largement distancer par Hyundai. Le groupe sud-coréen, également propriétaire de Kia, est le seul à être dans le vert en septembre grâce à sa croissance de 26,9% (108 344 immatriculations).



