Le déclin de l’industrie automobile allemande se poursuit en Chine. Les résultats commerciaux sur l’ensemble de l’année 2024 publiés par Volkswagen, Mercedes et BMW en ce début janvier sont sans appel : les géants allemands ont continué à perdre des plumes sur leur principal marché.
Malgré une belle augmentation de ses ventes globales de véhicules purement électriques (426 594 unités, +13,5%), BMW a vendu moins de véhicules en 2024 que l'année précédente. Et c’est en Chine que la chute est la plus conséquente : -13,4%, avec 714530 immatriculations. Même cas de figure chez l’autre groupe premium Mercedes-Benz, qui a écoulé légèrement moins de véhicules, particulièrement en Chine : -7%, pour 686600 immatriculations.
Le troisième groupe automobile allemand n’échappe par à la règle : Volkswagen, 9,03 millions de véhicules immatriculés dans le monde, a livré 2,9 millions de véhicules en Chine, soit une baisse de 9,5% en glissement annuel. Ce repli des ventes intervient, selon ces constructeurs, dans un contexte de demande en demi-teinte. Le marché chinois de voitures particulières a pourtant affiché une croissance de 5,5% en 2024, avec 22,9 millions d'immatriculations.
Montée en puissance des constructeurs locaux
La méforme des groupes allemands est surtout l’expression des difficultés des groupes automobiles occidentaux face à la pression des acteurs domestiques chinois, qui ne cessent de grappiller des parts du marché automobile le plus électrifié au monde. Selon les données publiées par l’association chinoise des constructeurs automobiles, les marques nationales ont représenté 61% du marché local l’an dernier, soit 8,6 points de plus qu’en 2023.

- 1.2539+3.07
3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
- 2168+2.94
Avril 2026
Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
- 0=
Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
À l’exception notable du groupe SAIC (propriétaire de la marque britannique MG), la vaste majorité des constructeurs chinois ont enregistré des gains de parts de marché sur les douze derniers mois, à commencer par le leader BYD, qui totalise 16% des ventes dans le pays (+3,4% en glissement annuel). Derrière lui, d’autres mastodontes comme Geely (9% du marché) et Chery (6%) renforcent leur position, suivis plus loin par des pure players de l’électrique comme Xpeng et Leapmotor (soutenu par Stellantis).
En face, les grands perdants sont les constructeurs traditionnels occidentaux, qui ont vu leurs parts de marché s'effondrer, faute d’avoir «pu concurrencer les (nouveaux) constructeurs locaux sur le marché de masse chinois (c'est-à-dire GM, VW, Toyota)», estiment les analystes de Bank of America dans une note publiée au début du mois de janvier. En cinq ans, les constructeurs mondiaux présents en Chine (exception faite de Tesla) ont lâché plus de 20 points de parts de marché à leurs concurrents locaux.
General Motors s’enlise
General Motors, notamment, va mal. L’ensemble de ses marques (Buick, Cadillac, Chevrolet) étaient présentes en avril dernier au salon de l’auto de Pékin. Mais depuis quelques années, leurs ventes dégringolent : 673 007 véhicules ont été immatriculés en 2024, une chute de 23% en un an. Face à des usines qui tournent au ralenti, spécifiquement à Shanghai, GM a annoncé en fin d’année 2024 vouloir procéder à des dépréciations d'actifs comprises entre 5,3 et 5,6 milliards de dollars liées à sa participation dans ses sociétés communes avec le constructeur SAIC.
Tesla a également souffert en 2024, accusant une légère perte de part de marché sur le segment de la voiture électrique. La firme texane compte sur la nouvelle version de son Model Y pour retrouver des couleurs en 2025.
Le moteur à combustion interne jeté aux oubliettes
Si les constructeurs internationaux continuent à vendre en Europe des véhicules diesel et essence, ces motorisations deviennent chaque jour un peu plus minoritaires en Chine, où les véhicules électriques (y compris à prolongateur d’autonomie) et hybrides dominent le marché. BYD ne fabrique plus de véhicules dotés de moteurs à combustion interne depuis mars 2022. Dans un rapport publié en novembre, le courtier Jefferies estimait que «le taux de pénétration des véhicules à moteur à énergie propre (électriques et hybride, ndlr) s’établira à 65-70 % d'ici à la fin de l'année 2025».
Selon les données du cabinet Rho Motion, les ventes mondiales de véhicules électriques ont augmenté de 25% en 2024 par rapport à 2023. Certes en légère progression aux États-Unis et en Europe, mais c’est surtout en Chine que la plupart des 17,1 millions de véhicules électriques vendus en 2024 ont été écoulés.
La concurrence est féroce sur un marché en proie depuis des mois à une guerre de prix entre constructeurs. La vaste majorité des modèles commercialisés ont connu des baisses de prix en 2024. Le Wall Street Journal rapporte avoir consulté une lettre datée du 31 décembre et écrite par le directeur général du fabricant de véhicules électriques Xpeng, He Xiaopeng, dans laquelle le dirigeant prévient que «la période de 2025 à 2027 marque la phase d'élimination dans l'industrie automobile». Et d’ajouter : «La concurrence en 2025 sera plus féroce que jamais».



