Renault se frotte les mains. 2024 s’est révélé une excellente année pour le constructeur français : une solide rentabilité, des ventes globales en hausse de 1,3% et dix nouveaux véhicules commercialisés, dont la très attendue R5, sacrée voiture européenne de l’année. Mais il y a une autre raison qui pousse les dirigeants du Losange à esquisser un sourire : l’explosion des ventes de véhicules hybrides. En hausse de 45% en glissement annuel, elles représentent désormais un quart (25,5%) de ses livraisons, a indiqué jeudi 16 janvier le groupe tricolore, qui publiait ses résultats commerciaux annuels. L’hybride, «c'est l'antichambre du passage à l’électrique», a estimé Fabrice Cambolive, directeur de la marque Renault, lors d’une conférence de presse en ligne.
En Europe, Renault en est carrément devenu le deuxième vendeur derrière le japonais Toyota, à l’origine de cette technologie plus vertueuse pour l’environnement et à peine plus onéreuse que les traditionnels moteurs à essence et diesel. Elle consiste à doter le groupe motopropulseur d’une batterie électrique de faible capacité, dont le rôle est de récupérer l’énergie générée lors du freinage pour ensuite la réinjecter dans la traction en secondant le moteur à explosion principal. Ce fonctionnement permet de réduire les émissions de CO2 générées par la mise en mouvement du véhicule, notamment en ville à faible allure.
Un bond des immatriculations d’hybrides
À y regarder de plus près, la motorisation hybride est la grande gagnante de l’année 2024 sur le marché automobile. Cette technologie a été la motorisation la plus immatriculée en France, enregistrant un véritable bond, selon les données d’AAA Data pour la Plateforme automobile (la PFA, l’association française qui représente les intérêts de l’industrie automobile). Quand les ventes de véhicules purement électriques ont stagné à 16,9%, que celles du diesel et de l’essence ont décliné pour s’établir respectivement à 7,3% et 29,5% de parts de marché, les hybrides ont représenté 42,8% des ventes en 2024, soit 9,3 points de plus qu’un an plus tôt.
Dans le détail, les immatriculations de véhicules à hybridation légère et complète (dans le second cas, la petite batterie adjointe permet de tracter le véhicule à elle seule sur quelques kilomètres) sont toutes les deux en hausse de 5 point par rapport à 2023. Au 16 janvier, les données à la maille européenne ne sont pas encore disponibles. Mais il fait peu de doute que l’hybride a davantage séduit les consommateurs de l’Union européenne que par le passé. La technologie devrait échouer de peu sur la deuxième marche du podium, derrière l’essence. Sur les onze premiers mois de l’année, elle s’établissait à 30,7% de parts de marché, en hausse de 5 points.

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Avril 2026
Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
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Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
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Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Comment expliquer cet essor ? L’hybride est à la fois prisé des consommateurs à la recherche d’une mobilité abordable et poussé par les constructeurs, obligés de verdir leurs produits par la réglementation. «L’offre et la demande s’entretiennent, alors que l’électrique stagne» en raison de la baisse des subventions à l’achat de véhicules à batterie dans les pays européens (et notamment en Allemagne), analyse Arnaud Aymé, chez Sia Partners. L’expert rappelle que les véhicules thermiques et électriques «n’ont pas encore atteint la parité de prix». À titre d’exemple, la nouvelle Citroën C3 est disponible à partir de 14 990 euros en essence ou en hybride. Pour une version électrique, il faut débourser 23 300 euros (hors bonus écologique).
Cet écart est toutefois plus visible sur les véhicules d’entrée de gamme que sur les modèles premium. Un Peugeot 5008 est ainsi disponible à partir de 40 990 euros en motorisation hybride (136 ch e-DCS6) et grimpe à 45 490 euros en version hybride rechargeable (195 ch e-DCS7) quand sa version purement électrique débute à 46 990 euros pour la plus petite autonomie (502 kilomètres en WLTP 210 ch batterie 73 kWh) et 51 490 euros pour la grande autonomie (668 kilomètres, 230 ch batterie 97 kWh).
23% du marché européen en 2030
Si les constructeurs travaillent d’arrache-pied à réduire ce delta, l’hybride devrait garder la cote dans les années à venir. Les dernières prévisions du cabinet AlixPartners (qui s'appliquent à l'Europe élargie incluant les 27 et treize autres pays du continent) annoncent que l’hybride devrait continuer de peser pour 23% du marché en 2030, soit plus que les 20% enregistré en 2024 . Au même horizon, l’électrique devrait grimper de 12 à 41% dans sa trajectoire vers le 100% électrique en 2035 en Europe.
Preuve que l’hybride appartient à l’avenir, de nombreux fabricants d’automobiles travaillent à enrichir leur portefeuille produits. «Le taux de croissance plus faible que prévu de la demande de véhicules électriques a perturbé les stratégies d'investissement et de produits des constructeurs à l'échelle mondiale. Nombre d'entre eux réduisent leurs investissements dans les véhicules électriques et se concentrent à nouveau sur la technologie hybride», constatait le spécialiste de la donnée S&P Global dans une note publiée en fin d’année 2024. C’est le cas de Mercedes-Benz, Volvo ou encore Hyundai. Le constructeur coréen a annoncé lors de sa dernière journée investisseurs son intention de doubler sa gamme de produits hybrides de 7 à 14 modèles.
Dacia accélère sur l'hybride
Le groupe Renault, s’il n’a pas véritablement ralenti ses investissements dans l’électrique, mise fortement sur l’hybridation de ses véhicules. Son modèle phare, la Clio, a eu droit à sa version hybride dès 2020. Il en va de la bonne santé de son bilan financier : les constructeurs automobiles pourraient être frappés de lourdes amendes s’ils ne respectent pas les normes d’émissions moyennes de CO2 fixées à 95 grammes par kilomètre pour chaque véhicule depuis le 1er janvier. Le groupe automobile, qui va lancer sept nouveaux véhicules en 2025, va "hybrider" de nouveaux modèles, comme le SUV Bigster de Dacia.
L’hybride semble en passe de s'imposer la nouvelle norme des véhicules thermiques. Si Peugeot (groupe Stellantis), amis en avant la version électrique de la 3008 lors de son lancement, le modèle à succès du Lion, qui vient de franchir la barre des 100 000 commandes, reste pourtant majoritairement vendu en hybride et en hybride rechargeable (qui a été lancé tardivement en fin d’année 2024). Conscient de la demande des consommateurs, Stellantis a annoncé des augmentations de ses offres hybrides pour ses marques à volume dès 2025 mais surtout à partir de 2026. Volkswagen, le leader du marché européen, en fera de même. En attendant l’éclosion de l’électrique, l’hybride devrait encore régner en maître en 2025.



