La chute du marché automobile européen cet été pénalise les groupes Renault et Stellantis

Après avoir repris des couleurs lors des six premiers mois de l'année, le marché automobile européen a enregistré de nouvelles baisses conséquentes en juillet et en août, miné notamment par la pénurie mondiale de puces. Les constructeurs français ont été particulièrement affectés.

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Mazda 3
Le constructeur japonais Mazda a enregistré une croissance de près de 10 % en août, décrochant ainsi la meilleure performance du tableau.

L'épidémie de Covid-19, le spectre du bannissement des moteurs thermiques à l'horizon 2035 et la pénurie de composants électroniques... Difficile pour le marché automobile européen de garder la tête hors de l'eau. Selon les chiffres publiés par l'Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) jeudi 16 septembre, l'Union européenne, le Royaume-Uni et les États-membres de l'Association européenne de libre-échange (Islande, Norvège et Suisse) ont enregistré 978 918 immatriculations de voitures neuves particulières en juillet 2021 et 724 710 en août. Soit respectivement une chute de 23,6 % et de 18,1 % par rapport aux mois de juillet et août 2020.

Une tendance générale

Sur les huit premiers de mois de l'année, la tendance est pourtant plus favorable : 8 188 886 immatriculations, soit 12,7 % de plus qu'entre janvier et août 2020. Mais entre janvier et juin 2021, la hausse atteignait 27,1 % par rapport à l'année précédente, ce qui prouve que la dégringolade est due à cet été. D'ailleurs, le nombre de voitures neuves écoulées est toujours en baisse de 22 % par rapport aux huit premiers mois de l'année 2019, avant la crise du Covid-19.

L'ampleur de la crise diffère selon les pays. En juillet, les immatriculations de la France ont décliné de 35,3 % par rapport à juillet 2020, celles de l'Allemagne de 24,9 % et celles de l'Italie de 19,2 %. Parmi les 26 pays comptabilisés, seuls sept ont enregistré une augmentation, l'Irlande en tête (+24,9 %). Légère amélioration en août, avec une baisse de 15 % pour la France, qui fait cette fois mieux que l'Allemagne (-23 %) et l'Espagne (-28,9 %), mais c'est la Roumanie qui décroche la meilleure performance, avec une croissance de 44,6 % par rapport à août 2020.

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Peugeot dans le rouge

Le groupe Stellantis, issu de la fusion de PSA et Fiat-Chrysler Automobiles (FCA), a comptabilisé 122 836 immatriculations en août 2021, ce qui représente une chute de 29,4 % en un an, pour une part du marché de 16,9 % (-2,8 points par rapport à août 2020). C'est en grande partie la marque Peugeot qui est responsable de cette déconvenue : 32 555 voitures neuves vendues, 39,6 % de moins que l'année dernière, l'une des pires contre-performances du classement. Opel-Vauxhall a pour sa part immatriculé 27 463 voitures (-17,9 %), Citroën 22 961 (-31,3 %), DS 2 136 (-11,7 %). Du côté italo-américain, Fiat a livré 25 970 véhicules (-24,3 %), Jeep 8 078 (-26,2 %), Lancia-Chrysler 2 059 (-9,1 %), enfin Alfa Romeo 1 410 (-50,2 %). Sur les six premiers mois de 2021, le groupe a enregistré 1 684 112 immatriculations, 14,8 % de plus qu'entre janvier et août 2020.

Son premier rival, le groupe Renault, affiche 68 585 immatriculations, une décroissance de 22,6 % par rapport à août 2020. La part de marché du constructeur français se stabilise à 9,5 % (contre 10 % l'année précédente), limitant ainsi l'écart avec Stellantis. Si Alpine est en bonne forme avec ses 186 voitures neuves vendues (+135,4 %), les autres marques du groupe sont toutes dans le rouge. Dans le détail, les immatriculations de Renault baissent de 31,8 % (36 906 unités), quand Dacia en compte 31 279 (-8,2 %) et Lada 214 (-44,3 %).

Toyota et Mazda résistent

Même le groupe allemand Volkswagen, leader incontesté en Europe avec une part de marché de 26,5 % (+1,2 point par rapport à août 2020), est à la peine. Mais avec 191 795 immatriculations (-14,3 %), il limite mieux la casse que ses rivaux français. Toujours en Allemagne, le groupe BMW affiche une trajectoire similaire avec 52 122 véhicules (-17,6 %) quand Daimler, plus affecté par la crise, chute de 37,7 % avec 59 922 unités. L'américain Ford, le sino-suédois Volvo, et le groupe d'origine britannique Jaguar Land Rover ne font guère mieux : -37,9 % sur un an pour le premier (32 147 unités), -25,7 % pour le deuxième (12 281 unités) et -22,3 % pour le troisième (6 132 unités).

Du côté des constructeurs asiatiques, la situation est plus contrastée. Les deux partenaires de Renault, Nissan et Mitsubishi, continuent leur lente dégringolade, avec respectivement 12 457 et 5 531 immatriculations en août 2021 (-37,2 % et -26 % sur un an), à l'image de leur compatriote Honda, qui enregistre une baisse de 32 % (6 135 unités). Mais les deux seuls constructeurs du tableau à afficher des résultats positifs sont également japonais ! Il s'agit de Toyota, qui a vendu 53 091 voitures neuves (+1,8 %), et de Mazda, avec 11 910 immatriculations (+9,9 %). Enfin, Hyundai parvient à ravir la troisième place du marché à Renault, grâce à ses 73 060 véhicules écoulés (-0,2 %).

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