Pour lancer la version décarbonée de son célèbre bronchodilatateur, la Ventoline, la multinationale britannique GlaxoSmithKline (GSK) mise sur son site français d'Évreux (Eure), spécialisé dans les affections respiratoires. Objectif : fabriquer une Ventoline "verte" en changeant le gaz qui permet d'inhaler ce médicament utilisé par 35 millions de patients dans le monde.
Un changement de process qui conduira à ouvrir trois nouvelles lignes de production pour un investissement de 350 millions d'euros, qu'Évreux a finalement raflé face à deux autres sites de GSK en Espagne et aux États-Unis. Le site fabriquait déjà ce produit et le nouveau gaz réduira de 90 % les émissions de gaz à effet de serre d'une cartouche de Ventoline qui passera de 28 kg d'équivalent CO à 2,8 kg. Une innovation cruciale pour le laboratoire puisque ce médicament représente 50% des émissions de tout le groupe. «Sans cet investissement, le site d'Évreux aurait été en difficulté pour perdurer dans le temps», révèle Philippe Doucet, le directeur de l'usine.
L'État prendra en charge de 5 à 15% du montant (la part exacte n'est pas encore dévoilée) dans le cadre du plan de soutien aux investissements capacitaires des industries de santé. Mais pour Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie venu saluer sur place la décision du groupe, cette subvention n'était toutefois pas décisive, c'est plus la stabilité de la politique pro business du gouvernement et l'expertise locale qui ont permis d'emporter le morceau. Les premiers lots de Ventoline verte sortiront en 2024 pour une pleine capacité en 2026.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3725 - Décembre 2023



