Le mini Babybel, l’une des stars du groupe fromager Bel, poursuit sa forte croissance. Cela justifie le lancement d’une nouvelle ligne de production, dans l’usine de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe). Fruit d’un investissement de 60 millions d’euros, son aménagement va débuter à partir de mai 2025, pour une mise en service fin 2026.
Un produit de snacking « sain »
Cette usine de 600 salariés, qui s'étend sur 12 hectares, disposait de l’espace permettant d’accueillir dans un délai aussi court cette nouvelle ligne. Cette nouvelle capacité viendra en appui de celle de l’usine d’Évron (Mayenne), distante de 40 kilomètres. Cette dernière, dont le mini Babybel est la spécialité, arrive en effet à saturation face au succès du petit fromage individuel. Selon une porte-parole du groupe, ce succès s’explique par le statut de «snack sain par excellence» dont se prévaut le fromage, composé à 98% de lait. L’aspect pratique du produit, dans sa petite coque en cire, fait aussi du mini Babybel un produit dépassant le seul segment de la consommation enfantine.
Ainsi, l’usine d’Évron a dû récemment activer une troisième ligne, le week-end, et recruter une centaine de salariés (elle emploie, elle aussi, 650 salariés). De son côté, l'usine de Sablé-sur-Sarthe produisait déjà, dans une moindre mesure, des mini Babybel. Mais ce site, dont la production s’élève à 40000 tonnes de fromage par an, est surtout spécialisé dans le Kiri, qu’elle fabrique sous différentes formes, notamment pour l’export au Moyen-Orient et, plus loin, en Asie où il est vendu dans une version sucrée. L’usine sarthoise produit également du Cousteron, du Port-Salut et du Cantadou. L’un des enjeux majeurs, pour l’usine de Sablé-sur-Sarthe, sera le renouvellement de la moitié de son effectif d’ici à 2030, ce qui nécessitera près de 300 recrutements.
Une production internationale
Produit international, le mini Babybel est également fabriqué en Slovaquie, au Canada, dans l’usine de Sorel, près de Montréal, ainsi qu’aux États-Unis, dans l’usine de Brookings (Dakota du Sud), qui atteint également la limite de ses capacités. Ce positionnement «multilocal» permet à Bel d'être protégé du relèvement des droits de douanes mis en place par l’administration Trump sur ce produit.
Le projet sarthois, mettant en œuvre des process made in Europe incluant des techniques spécifiques de pressage propres à Bel, est significatif pour le groupe. Fort de 30 usines et de 11 000 salariés, il a investi, au niveau mondial, 192 millions d’euros, dont 24 millions d’euros en Inde, dans une usine de fromages «La Vache qui Rit», via une coentreprise avec le groupe Britannia Industries. En 2024, Bel affichait un chiffre d’affaires de 3,74 milliards d’euros, en croissance.



