Le producteur d’hydrogène renouvelable allemand Hy2gen qui développe trois projets en France, à Fos-sur Mer et Gardanne-Meyreuil dans les Bouches-du-Rhône ainsi qu’à Signes (Var), annonce ce mardi 29 avril avoir levé 47 millions d’euros lors d’un tour de table mené par le fonds d’infrastructure spécialisé dans l’hydrogène bas carbone Hy24. Technip Energies et la présidente du conseil de surveillance de Hy2gen ont aussi participé au tour de table.
L’annonce intervient dans un contexte difficile pour les entreprises de l’hydrogène, acté dans la récente révision de la stratégie nationale consacrée à cette énergie. Défaillances dans le domaine de la mobilité, grosses difficultés des gigafactories d’électrolyseurs… «Lever des fonds propres dans l’hydrogène, dans le contexte actuel du secteur financier, est assez compliqué, qui plus est pour financer des coûts de développement. Cela démontre l’engagement de nos actionnaires et en particulier d’Hy24», souligne Cyril Dufau-Sansot, qui dirige l’ensemble des filiales de Hy2gen, auprès de L’Usine Nouvelle.
"Des postes de coûts ont augmenté"
Selon lui, plusieurs raisons ont poussé Hy2gen a réalisé cette nouvelle levée de fonds, après les 200 millions d’euros levés en 2022. «Depuis 2022, nous avons initié de nouveaux projets, des postes de coûts ont augmenté et certains projets ont fait l’objet de réorientations stratégiques», indique Cyril Dufau-Sansot. Parmi les postes de coûts ayant augmenté, le dirigeant cite les études d’ingénierie ou encore les licences commercialisées par les fournisseurs de technologie. «En 2022, on imaginait que les coûts de ces études allaient baisser avec leur multiplication. Aujourd’hui, le manque d’économies d’échelle dans ce domaine se répercute dans les coûts», estime le dirigeant de Hy2gen.
La start-up précise que la répartition des fonds levés lors de ce tour de table entre ses différents pays d’implantation reste confidentielle. «Une partie va nécessairement soutenir le développement des projets en France, mais l’Hexagone ne représente pas le plus gros de nos projets en proportion», déclare Cyril Dufau-Sansot. En Amérique du Sud, l’entreprise développe par exemple un projet avec une capacité d’électrolyse d’un gigawatt destiné à la production d’ammoniac. En tout cas, l’essentiel des 47 millions d’euros financera les coûts de développements devant permettre aux projets de la start-up d’atteindre le stade de la décision finale d’investissement. Chaque projet devra ensuite lever des deniers supplémentaires. Une enveloppe globale de 5 milliards d’euros d’investissement est anticipée par Hy2gen pour l’ensemble de ses sites.
Nouveau calendrier pour les projets français
Le projet québécois de la start-up, localisé à Baie-Comeau, devrait être le premier à faire l’objet d’une décision finale d’investissement, au premier trimestre 2027. En France, Hy2gen envisage une décision finale d’investissement courant 2027 pour son projet de Fos-sur-Mer désormais mené avec H2V. Dans le Var, la mise en service est plutôt attendue pour fin 2026. A Gardanne, l’aboutissement du projet, profondément remodelé après la phase de concertation publique, semble plus énigmatique. Hy2gen ne communique plus de date indicative pour celui-ci.



