Jour de reprise pour le site Metex Nøøvistago à Amiens (Somme). Le groupe Avril venu au chevet de l’entreprise avec le soutien de Bpifrance a détaillé mardi 16 juillet la manière dont il comptait relancer l’activité de l’entreprise emportée par la crise sur le marché de la lysine. Avril reprendra 55% des parts du site et Bpifrance les 45% restants. Les deux acteurs vont pérenniser 275 des 282 postes de l’usine. Du côté du centre R&D à Saint-Beauzire (Puy-de-Dôme), lui aussi repris, 40 des 79 emplois sont conservés.
De Metex à Eurolysine
Premier changement, l’activité est renommée «Eurolysine». Elle vient compléter le pôle nutrition animale du groupe Avril, numéro un en France sur ce segment via Sanders. Le groupe Avril indique par ailleurs consommer entre 12 et 15000 tonnes de lysine chaque année, qui est essentielle pour la ration alimentaire notamment des bovins. La production du désormais ancien site Metex est tombée à 35000 tonnes. L’objectif est de la faire doubler – sans que l’horizon soit précisé.
Pour cela, il faut retrouver de la compétitivité, alors que les prix du sucre et les subventions chinoises sur la lysine ont ruiné la rentabilité de l’usine. Avril et Bpifrance vont recapitalisent l’usine, au prorata de leurs participations respectives, à hauteur de 50 millions d’euros pour la reprise. S’y ajouteront entre 30 et 40 millions d’euros, qui viendront abonder le fonds de roulement de l’entreprise.
Des prix du sucre renégociés
D’ici 2030, l’industriel prévoit une enveloppe de 130 millions d’euros d’investissement sur l’usine et le site de R&D afin de redynamiser l’activité. L’allocation de cet investissement n’est pas encore détaillée. Des contrats à long terme sur l’énergie devraient déjà permettre de retrouver un peu d’allant. La ligne de mire est claire : faire du site «un leader incontesté de la fabrication des acides aminés par fermentation», dixit Jean-Philippe Puig, le directeur général d’Avril, lors de la conférence de presse.
Le dirigeant s’est montré rassurant sur la capacité de l’entreprise à retrouver de la rentabilité. Pour le prix du sucre, il indique que le groupe Avril dispose d’un pouvoir de négociation qui va lui permettre d’obtenir des prix plus attractifs de la part des sucriers hexagonaux. Quant au marché de la lysine, il compte sur l’aboutissement de la plainte, actuellement instruite par l’Europe, sur le dumping chinois. Avril réussira-t-il son pari ?



