Pas de Salon de l’agriculture sans annonces du gouvernement: la filière des fruits et légumes, qui va bénéficier d'un plan d’investissement de 400 millions d’euros chaque année jusqu'à la fin de la décennie, ne démentira pas. Vendredi 3 mars, au tour des PME de l’agroalimentaire d'être servies. Le gouvernement a annoncé la création d’un fonds d’investissement de 500 millions d’euros, destiné à «consolider» le secteur.
Bercy et le ministère de l'Agriculture travaillent sur ce plan depuis fin 2022, L'Usine Nouvelle s’en était fait l’écho. Le gouvernement souhaite répondre aux difficultés d'un secteur qui compte autour de 16 400 entreprises. Leurs difficultés sont structurelles: «Le secteur est très peu consolidé, avec 95% des entreprises de moins de 20 salariés, en retard sur la numérisation et sur la robotisation», explique-t-on du côté de Bercy. «Les industries agroalimentaires sont moins robotisées (60 robots pour 10 000 salariés) que le reste de l'industrie française (132 robots) et sont avant-dernières dans l'Union européenne», souligne aussi le communiqué conjoint des ministères paru le 3 mars.
S'y ajoutent les aléas conjoncturels, avec l’inflation et la difficulté à faire remonter les surcoûts de production à leurs clients, les distributeurs. «30% des entreprises qui bénéficient des aides à l’énergie appartiennent au secteur de l’agroalimentaire», souffle-t-on au cabinet du ministre de l’Industrie. Toutefois, dans le sillage des données publiées par l'Insee le 28 février, le communiqué souligne que «finalement, les industries agroalimentaires auraient en moyenne réussi à préserver leurs marges sur l'ensemble de l'année 2022», et ce, malgré le point bas observé en début d'année.
Lancement d'un fonds d'investissement
C’est une fusée à trois niveaux qui est annoncée. Des reports de charges, sociales et fiscales vont être accordés. S'y ajoute la fameuse enveloppe de 500 millions d’euros qui nourrira un fonds de «capital développement» pour «aider les PME à grandir et devenir des ETI». L'Etat participera à hauteur de 200 millions d'euros. Le reste sera apporté par des fonds d’investissement de l’agroalimentaire. Le détail des critères de sélection des entreprises n’est pas encore fixé. Pas plus que la durée de vie du fonds. «La période d’investissement n’est pas encore arbitrée, mais l’idée est d’aller assez vite pour enrayer le cycle en cours», indique-t-on à Bercy.
Des crédits de France 2030 seront par ailleurs mobilisés pour soutenir des projets de décarbonation des sites industriels ou financer des investissements dans la robotisation. Le montant n'a pas filtré, mais l'enveloppe totale dédiée à l'ensemble de la chaîne agroalimentaire dans France 2030 est de 2,3 milliards d'euros. Enfin, pour ce qui est du dernier étage de la fusée, Business France est chargé du lancement d'un programme destiné à accompagner les dirigeants d’entreprises dans leurs projets d’export.



