Le gouvernement dévoile les contours de sa nouvelle stratégie pour réduire les pesticides de 50% d'ici 2030

Le gouvernement a dévoilé ce 30 octobre les «grandes lignes» de sa stratégie Ecophyto 2030, censée permettre une réduction de 50% des produits phytosanitaires d’ici la fin de la décennie. Elle devra prendre le relais du plan Ecophyto 2+  début 2024 après consultation des parties prenantes.

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Pesticides
Le gouvernement souhaite réduire de 50% les pesticides d'ici la fin de la décennie, en phase avec l'objectif de Farm to Fork.

Attention sujet sensible. Alors que les discussions au niveau européen autour du règlement sur l’utilisation durable des pesticides (SUR) vont battre leur plein dans les prochaines semaines, le gouvernement français a dévoilé les contours de sa nouvelle feuille de route en la matière ce 30 octobre : le plan Ecophyto 2030, qui poursuivra, à l’échelle nationale, l’objectif de réduction de 50% des pesticides d’ici la fin de la décennie, par rapport à la période 2015-2017.

"Se préparer au retrait de nouvelles substances"

«Le gouvernement propose une nouvelle approche sur l’accélération de développement de solutions alternatives, chimiques ou non, afin notamment de se préparer au retrait de nouvelles substances», a détaillé le ministère de l'Agriculture dans un échange avec la presse. Ce plan succèdera début 2024 au plan Ecophyto 2+.

Le premier plan Ecophyto avait été lancé en 2008 suite au Grenelle de l’environnement. Déjà à l'époque, ce plan avait échoué à tenir l'objectif d’une réduction de 50% de l’usage des produits phytosanitaires... en dix ans. D’après le ministère de l’Agriculture, le Nodu, soit le nombre de doses unités, un indicateur qui permet le suivi des traitements, n'a diminué que de 11,5% sur la période 2020-2022 par rapport à 2015-2017. Il reste donc du chemin à parcourir.

Le nouveau plan Ecophyto 2030, décliné autour de cinq axes, a donc la vocation d’être plus «global» et penser un changement des systèmes agricoles. Le gouvernement annonce «de nouveaux moyens conséquents», avec 250 millions d’euros issus du budget du ministère de l’Agriculture en 2024 mais aussi l’allocation à venir de crédits de France 2030 par la Première ministre. A titre d’exemple en 2019, l’enveloppe allouée au plan avait dépassé les 640 millions d’euros.

Le premier pilier sera donc celui de la recherche d’alternatives avec, notamment, la mise en place de «task forces» dans chaque filière avec pour objectif d'élaborer dans les prochains mois des plans d’actions pour faire évoluer leurs systèmes de production. «Il faut sortir de la logique qui vise à remplacer un substance par une autre. Nous souhaitons travailler sur les usages : quelles sont les impasses techniques et où faut-il mettre un coup d’accélération pour le développement et le déploiement des alternatives sur le terrain», indique-t-on dans l’entourage du ministre Marc Fesneau.

Deuxième axe, l’accompagnement au déploiement des solutions agroécologiques dans les exploitations pour «massifier» le changement de pratiques. Un guichet sera ouvert en 2024 pour financer de nouveaux matériels. Les derniers axes porteront sur la surveillance des incidences des pesticides, le renforcement des programmes de recherche, mais aussi sur la gouvernance, avec notamment l’idée de pousser des clauses miroir au niveau européen et éviter les distorsions de concurrence. La proposition est désormais soumise à l’avis du Comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) qui regroupe une quarantaine d’organisations, comme les syndicats agricoles ou les producteurs de phytos. Les parties ont un mois pour soumettre leurs remarques.

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