Le gouvernement demande des engagements de Sanofi et CD&R pour le Doliprane et Opella

Les ministres de l’Economie et de l’Industrie se sont déplacés sur le site d'Opella, la division Santé grand public de Sanofi, à Lisieux (Calvados) lundi 14 octobre pour réclamer des garanties sur les capacités de production et d’approvisionnement, ainsi que sur l’emploi, dans le cadre de l’accord de cession de 50% de cette entité au fonds américain CD&R.

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Dans son projet de cession de 50% du capital d'Opella, sa division Santé grand public, le laboratoire Sanofi promet que cela ne changera rien pour les deux usines implantées en France.

Le gouvernement s’offre une opération communication chez Opella à Lisieux, dans le Calvados, pour montrer sa mobilisation sur l’avenir du Doliprane et sur la souveraineté sanitaire. Le 14 octobre, Antoine Armand, ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, et Marc Ferracci, ministre délégué en charge de l’Industrie, sont venus demander des engagements auprès de Sanofi et du fonds américain CD&R dans leur projet de coentreprise pour l’avenir de la division Santé grand public du laboratoire français.

Le choix du site de Lisieux, concentré sur la production de Doliprane, est évidemment symbolique. Techniquement, pourtant, on n’indique pas, du côté de Bercy «de difficultés anticipées» à travers les discussions qui ont eu lieu avec toutes les parties «depuis plusieurs semaines, et même plusieurs mois, pour accompagner cette transaction». Reste que le gouvernement cherche à sécuriser publiquement des engagements concrets, en matière industrielle et d’emplois.

L’objectif est d’obtenir un accord tripartite sur quatre points. Il est réclamé des engagements sur le maintien de la localisation du siège d’Opella en France, de l’empreinte économique en France, sur la poursuite de la production et de l’approvisionnement du marché français de plusieurs molécules de la liste des médicaments essentiels, et du respect des accords d’approvisionnement en paracétamol lié au projet de relocalisation mené par Seqens, qui construit une usine en Isère.

L'Etat déclenchera la procédure de contrôle des investissements étrangers dans le dossier Opella

Dans le cadre de cette possible cession de 50% du capital d’Opella au fonds CD&R, l’Etat déclenchera la procédure dite IEF, sur le contrôle des investissements étrangers en France, «à partir du moment où Sanofi sera entré en négociations exclusives, ce qui n’est pas encore officiellement le cas», précise-t-on au ministère de l’Economie.

«Tous les rouages seront mis en place» pour garantir les engagements recherchés, souffle-t-on encore du côté de Bercy. De source ministérielle, la possibilité de voir Bpifrance s’impliquer dans l’opération, comme cela avait été évoqué ces dernières semaines,  avec une prise de participation minoritaire «n’est pas encore un sujet tranché». «L’Etat s’assurera que tous les termes de l’accord» attendu entre Sanofi et CD&R «soient mis en œuvre, mais il y a plusieurs modalités d’application, comme Bpifrance mais ce n’est pas la seule».

1700 des 11000 salariés d’Opella sont implantés en France, comme deux de ses 13 sites industriels. Celui de Lisieux est concentré sur la production de Doliprane, au cœur du marché français (qui est d’ailleurs quasiment le seul au monde pour ce médicament). Sur place, Sanofi conduit actuellement un investissement de 20 millions d’euros pour augmenter de 40% la production d’ici à 2026.

Le second site, à Compiègne (Oise), fabrique plusieurs autres produits du portefeuille d’Opella et bénéficie d’un statut particulier parmi les autres usines : c’est le seul site d'Opella hors des Etats-Unis à disposer d’un agrément des autorités sanitaires américaines, alors que le pays représente le premier marché mondial de l'entreprise, en pesant pour 24% du chiffre d’affaires, devant la France à 10%. Dans un communiqué le 11 octobre, Sanofi promettait que le projet de cession de 50% du capital «ne change absolument rien à l’ancrage d’Opella en France, ni sur l’emploi, ni sur l’avenir de ses sites français de Lisieux et de Compiègne».

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