C’est l’un des projets emblématiques des efforts de décarbonation de l’industrie chimique en France. Au cœur de la vallée de la chimie, la vaste plate-forme chimique des Roches-Roussillon a engagé depuis 2011 un plan de 46 millions d’euros d’investissement pour réduire de 75 % ses émissions de CO2 d’ici à 2023.
Le GIE Osiris, gestionnaire des services industriels communs de cette plate-forme s’étendant sur 150 hectares entre Lyon (Rhône) et Valence (Drôme), pilote trois grands projets destinés à fournir de la vapeur à partir de sources renouvelables ou de chaleur fatale.
Depuis 2015, une chaudière à biomasse génère 240 000 tonnes par an de vapeur à partir de déchets de bois non recyclables. En 2020, a été mise en service une unité pour récupérer 400 000 tonnes de vapeur depuis un incinérateur voisin de déchets industriels. « Nous récupérions déjà de la vapeur à partir des deux premiers fours et le projet a permis d’ajouter l’apport du troisième », précise Christian Wrotecki, le directeur technique du GIE.
Ces deux premiers projets ont fait tomber les émissions de CO2 de 340 000 à 138 000 tonnes entre 2011 et 2021. Les émissions d’oxyde d’azote (NOx) et d’oxyde de soufre (SOx) ont en parallèle été abattues, respectivement, de plus de 80 % et de 90 %.
Les efforts se concentrent désormais sur le projet DécarbRON, soutenu par le plan France Relance et qui doit être finalisé en 2023. Il permettra d’économiser 184 térawattheures d’énergie fossile, de réduire d’encore 53 000 tonnes par an les émissions de CO2 et de cesser tout recours au charbon pour les besoins en vapeur.
Le projet porte sur trois axes : une chaudière de récupération de sous-produits de distillation de l’usine Novapex pour une valorisation énergétique, une chaudière de régulation au gaz pour la valorisation optimale des chaleurs fatales de la plate-forme, et le déploiement d’un outil numérique pour optimiser la distribution de vapeur aux 15 industriels du site.



