Le géant suisse Glencore menace de ne plus financer l’usine calédonienne de Koniambo Nickel dès février

Le géant suisse des métaux Glencore a annoncé mercredi 27 septembre qu’il ne financera plus l’usine de Koniambo Nickel (KNS), en Nouvelle-Calédonie, à partir de fin février. Une manière de mettre la pression sur le gouvernement français, alors que cette usine du nord de l’île cumule d’importants déficits et que l'avenir du nickel calédonien fait l'objet de négociations.

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Mine de Koniambo en Nouvelle Caledonie
L'usine métallurgique de Koniambo Nickel, dont la production a démarré en 2014 en Nouvelle-Calédonie, pourrait bientôt être lachée par son principal financeur.

Glencore met la pression. Dans un communiqué de presse publié mercredi 27 septembre, le groupe suisse spécialisé dans le négoce des métaux a annoncé qu’il ne financerait l’usine de Koniambo Nickel (KNS), au nord de la Nouvelle-Calédonie, que jusqu’au 29 février 2024. Soit dans cinq mois. Une annonce qui n’est pas vraiment une surprise. La filière du nickel calédonien est en péril et le gouvernement français a enclenché début septembre des négociations pour lui trouver un avenir.

A cette occasion, le président de KNS Neil Meadows soulignait après de L’Usine Nouvelle que malgré des améliorations opérationnelles dans l’usine (notamment la correction de problèmes électriques sur le four en début d’année), une refonte complète de l’environnement minier de l’île serait nécessaire pour pouvoir atteindre la rentabilité et, potentiellement, produire le nickel destiné aux batteries souhaité par le gouvernement.

Déjà neuf milliards investis

C’est dans ce contexte de négociations que Glencore fait valoir qu’il ne souhaite plus perdre de l’argent et désigne une date buttoir claire. Dans son communiqué, le groupe suisse – qui est actionnaire à 49% de KNS aux côtés de la Province du Nord, mais son quasi unique financeur – souligne avoir déjà investi un total de neuf milliards de dollars dans Koniambo Nickel, dont plus de la moitié depuis son acquisition de Xstrata, l’ancien propriétaire des installations, en 2013.

«Bien que des progrès significatifs aient eu lieu en termes de productivité et de fiabilité, KNS continue de lutter financièrement et cause d’importantes pertes, en grande partie dues à des facteurs hors de son contrôle liés à la structure des coûts et aux conditions de marché», écrit Glencore. Le groupe précise qu’il travaillera avec KNS jusqu’à fin février pour «étudier des solutions aux pertes toujours en cours de KNS, y compris en recherchant des sources de financement alternatives». En attendant, les opérations de l’usine, qui emploie 1 350 salariés directs (auxquels s’ajoutent 450 sous-traitants à l’année) devraient continuer normalement.

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De son côté, Koniambo Nickel a annoncé prendre acte de l’annonce de Glencore et avoir convoqué en urgence un conseil de direction pour «étudier, avec ses actionnaires, toutes les options, y compris celle de convaincre Glencore de revenir sur sa décision». Dans son communiqué de presse, le métallurgiste revient sur les améliorations de ses performances minières et industrielles en début d’année et insiste sur ses raisons pour croire dans la possibilité d’atteindre la rentabilité.

Un plan qui reste incertain et qu’il faut encore financer, via des investisseurs privés ou des mécanismes de subvention publique. Selon les calculs de KNS, financer la transition énergétique de l’usine et les installations nécessaires pour produire du matte de nickel – ce composé intermédiaire qui peut servir à produire du nickel destiné au marché des batteries et non plus de l’acier, comme le souhaite le gouvernement français – coûterait de l’ordre d’un milliard d’euros. A cela s’ajoutent plus de 600 millions de dollars de dépenses opérationnelles prévues sur les trois prochaines années (notamment pour la réfection des fours de l’usine)... tout cela dans un contexte de déprime sur le marché des métaux.

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